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     CiNéMa
 
 LA PETITE LILI

Un film français de Claude Miller
Avec Ludivine Sagnier
Nicole Garcia
Robinson Stévenin
Bernard Giraudeau
et Jean-Pierre Marielle

Pyramide - 2003 - 1h44
J’T’AIME BIEN LILI
Deux semaines après Les égarés d’André Téchiné, un nouveau bon film français qui prouve que le cinéma hexagonal est toujours capable du meilleur


"Souvent femme varie, bien fol qui s’y fie". Attribuée à François 1er, cette citation misogyne convient parfaitement à La petite Lili de Claude Miller et au chroniqueur de ce film pour Jowebzine.com… qui est pourtant un homme !

Si la petite Lili (Ludivine Sagnier) varie dans ses affections en abandonnant son jeune amant, cinéaste débutant et incandescent (Robinson Stevenin) pour un "vieil" amant, cinéaste confirmé et académique (Bernard Giraudeau), c’est qu’après des bouts d’essais dans le court-métrage du premier, la fausse ingénue sait que son avenir se trouve dans les longs-métrages du second.
Et de ce point de vue, Claude Miller, soutenu par des acteurs qui interprètent leurs "propres rôles", ne rate pas sa cible. Le propos est précis et les personnages convaincants dans leurs comportements (lâcheté, compromission, sincérité ou dérision…). Nicole Garcia est une formidable "grande actrice vieillissante" qui doit lutter contre les jeunesses qui pointent le bout de leur nez (ou plutôt de leur sein). Et Jean-Pierre Marielle est un sublime vieux monsieur bougon et philosophe qui amène un peu d’humour et de légèreté dans un film dont le propos n’est pas franchement gai.

Une adaptation libre de La mouette


Pourtant, s’il est sorti de la projection plutôt convaincu de la qualité de ce qu’il venait de voir, les sentiments du chroniqueur de Jowebzine.com ont aussi tendance à varier avec le temps. Essentiellement parce que Claude Miller n’a pas résisté à la tentation nombriliste de situer cette adaptation libre de La mouette de Tchékhov, dans le milieu du cinéma. Or, cette manière de s’autocélébrer complaisamment à longueur de film devient vite irritante : les affres du créateur incompris, les ambitions de la comédienne débutante, les tentations de l’homme mûr…


Mais soyons honnête : à cette réaction épidermique près, La petite Lili reste un bon film français qui, une semaine après Les égarés d’André Téchiné, montre que le cinéma hexagonal est toujours capable du meilleur.



Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Septembre 2003
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