Un film coréen de Kim Ki-duk
Avec Lee Seung-yeon
et Jae Hee
Pretty Pictures - 2005 - 1h30
Kim
Ki-duk est un magicien du cinéma, jamais là où
on l'attend, mais constant dans l'originalité et la virtuosité.
Avec Locataires, il ne déroge pas à cette règle
d'excellence.
Pour repérer les maisons vides, un jeune homme accroche
des prospectus aux poignées des portes d'entrée.
Si le prospectus n'est pas retiré dans les heures qui
suivent son passage, c'est que ses occupants sont absents…
donc qu'il peut s'y installer pour une nuit ou plus. Il prend
alors le temps de s'imprégner des lieux, de s'y photographier,
de manger, de dormir et de repartir sans rien voler, sans rien
déranger.
Ce rituel rodé se perpétue sans accroc, jusqu'au
jour où une jeune femme le surprend dans sa propre maison.
Maltraitée par son mari, elle décide s'enfuir
avec lui, dans une sorte de "home movie" (comme on
parle de road movie) qui verra naître une complicité
silencieuse plus forte que la loi des hommes…
C'est pour des rencontres comme celle-ci que l'on aime le cinéma.
Pour le bonheur de découvrir un auteur, une histoire,
une manière de filmer le monde que l'on ne connaissait
pas. Pour découvrir une autre vision de la vie, à
la fois universelle et unique. Universelle parce que les deux
personnages principaux ne prononce pas une parole tout au long
du film sans que cela nuise une seconde à sa compréhension
ou à son intérêt. Unique parce que jamais
personne ne nous avait raconté cette histoire-là.
Mais dans ce registre, Kim Ki-duk est une sorte de virtuose
qui avait déjà su nous étonner avec, notamment,
Coast guard
et Printemps,
été, automne, hiver… et printemps, deux
films très personnels, très différents
et absolument inclassables. Avec Locataires, il réussit
une fois de plus le tour de force de nous surprendre et de nous
captiver.