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     CiNéMa
 
LORD OF WAR

Un film américain de Andrew Niccol
Avec Nicolas Cage
Ethan Hawke
Jared Leto
Ian Holm
et Bridget Moynahan

SND - 2006 - 2h02
Pamphlet implacable sur l'industrie de l'armement et le rôle de l'occident dans la marche chaotique du monde. Réaliste et effrayant.


Lord of war est un grand film et ce n'est finalement une surprise pour personne. D'abord parce que le réalisateur se nomme Andrew Niccol et que sa filmographie plaide largement pour lui. On lui doit en effet rien moins que le scénario de The Truman show (avec Jim Carrey) dont la réalisation sera confiée à Peter Weir, et l'écriture et la réalisation de Bienvenue à Gattaca (1997) et de Simone (2002). Autrement dit, trois films brillants explorant des thèmes sensibles (le clonage humain, le pouvoir du virtuel…) de notre époque.

Avec Lord of war, c'est à l'économie de l'armement qu'il se coltine, transformant sa "fiction" en démonstration à charge des pratiques occidentales en matière de fourniture massive d'armes à tout ce que la planète compte de bourreaux, dictateurs et tortionnaires.

Incarné par un Nicolas Cage glaçant de réalisme et de cynisme lucide, Yuri Orlov est un émigré ukrainien qui choisi le commerce des armes comme moyen de s'en sortir. Petit trafiquant deviendra grand : à force de magouilles minables et de coups tordus, il prendra cette dimension internationale qui le rend intouchable. Jusqu'à son arrestation finale due à l'acharnement méritoire d'un flic zélé (Ethan Hawke)… qui débouche rapidement sur une relaxe pour raison d'Etat.

Plus fort, plus dérangeant, plus dénonciateur que les "aimables" documentaires politico-humoristiques de Michael Moore, Lord of war est, du début à la fin, une démonstration froide et implacable du dysfonctionnement de notre monde. Pas d'échappatoire ou de distanciation possible : chaque situation, chaque pays, chaque événement, chaque manipulation est décortiqué avec un soin minutieux. Aucun scrupule ni sens moral n'ont de raison d'être dans cet univers dont le profit seul est le moteur. Et inutile d'en rajouter dans la description de l'horreur, au contraire : les faits se suffisent (amplement) à eux-mêmes !

On ressort secoué de cette projection dont tout remord ou rédemption sont absents. Pas de happy-end au pays de la "real politik". Juste une grande claque à notre bonne conscience.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Janvier 2006
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