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LES LUMIERES DU FAUBOURG

Un film finlandais de Aki Kaurismäki
Avec Janne Hyytiäinen
Maria Heiskanen
Maria Järvenhelmi

Pyramide distribution - 2006 - 1h18
Héritier du burlesque pur et dur, le Finlandais Aki Kaurismäki n’en finit pas de désespérer. Ses films, à la mécanique aussi bien huilée que saisissante, sont aussi drôles qu’accablants. Les Lumières du Faubourg n’échappe à la règle. C’est peut-être là le problème !

Le nouveau film de l’hermétique Kaurismäki est le dernier volet de la trilogie sur les perdants. Au Loin s’en vont les Nuages traitait du chômage. Le second, L’homme sans passé se confrontait aux sans abris. Ce dernier opus approche le thème de la solitude.

Un vigile, Koistinen, n’a aucun ami. Il parle avec peine. Il adresse quelques mots à une vendeuse de saucisse-frites. Il erre dans le port industriel avec de vagues rêves en tête. Puis un jour, il fait la connaissance d’une blonde. Elle le séduit, mais il ne sait pas qu’elle travaille pour quelques escrocs sans scrupule qui vont lui faire porter le chapeau, après le vol d’une bijouterie.

L’intrigue est simple. Chez Kaurismäki, ce qui est important c’est la forme. Son cinéma n’est pas épileptique. Il est quasiment figé. Cela pourrait être une succession de diapositives. Ce cinéaste a retenu la leçon des Temps modernes de Chaplin : l’homme est bloqué dans la mécanique sociale qui l’entoure. Il n’est qu’un boulon qui a tout intérêt à tenir. Cette taylorisation de l’individu est un drame. C’est ce qu’il montre depuis deux films.

Ce nouvel épisode est encore plus radical. Epuré, le film pourrait être un film muet. Grâce à son sens extraordinaire du cadre, Kaurismäki se fait comprendre avec une économie de moyens paradoxalement impressionnante !

Il est le seul à maîtriser un minimalisme burlesque que l’on retrouve chez Keaton, Chaplin et les premiers comiques du cinéma ! Ici, on rit de ce qui n’est pas drôle : le cinéaste révèle la vacuité, le dérisoire et le grotesque en un seul plan.

Esthétique dans le bon sens du terme, le film souffre d’un scénario trop schématique. S’il donne du sens à l’image, Kaurismäki réduit son film à une démonstration un peu facile sur la violence sociale.

Bien sûr, ses clowns tristes sont attachants, mais l’ensemble semble un peu vain. Peut-être à cause de sa courte durée ! Les lumières du faubourg éclaire les amateurs de cinéma sur un style aussi fantasque que brillant.


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Octobre 2006
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