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MALABAR PRINCESS

Un film français de Gilles Legrand
Avec Jacques Villeret
Michèle Laroque
et Clovis Cornillac

Warner Bros - 2004 - 1h34
Un bon acteur et une jolie affiche ne suffisent pas à faire un bon film. Cruelle démonstration avec le premier long-métrage de Gilles Legrand.


Un petit garçon confié à son grand-père parce que son père, conducteur de TGV, ne peut pas s'en occuper. Un épais silence autour de l'absence de sa mère disparue en montagne dans des conditions mystérieuses. Un supposé trésor enfoui dans les flancs de cette même montagne suite au crash du Malabar Princess, un avion de ligne reliant, dans les années 50, l'Inde à la Suisse… Sur le papier, tout à l'air en place pour permettre à Gilles Legrand d'offrir au public un premier film intéressant.

Hélas, n'est pas Gérard Jugnot qui veut et, malheureusement, Malabar Princess est loin de ce que l'on est en droit d'attendre d'un film populaire de qualité.

Mise en scène brouillonne, personnages à peine esquissés, montage poussif… On saute d'une scène à l'autre, un peu au hasard d'une narration chaotique. Et si certaines sont réussies, la plupart sont franchement approximatives. Une heure trente durant, le spectateur souffre ainsi des maladresses de débutant d'un réalisateur que l'on sent dépassé par les évènements.

Et pour cause : si Gilles Legrand réalise aujourd'hui son premier film dans la cour des grands, ça n'est pas sur les mérites de courts-métrages passés ou de précédents essais "à budget modéré", non, c'est en qualité de producteur émérite du cinéma français. Ridicule, La veuve de Saint-Pierre, Tenue correcte exigée, Je règle mon pas sur le pas de mon père, etc. Autant de films produits par un Gilles Legrand auquel l'industrie cinématographique n'a sans doute rien à refuser.

Alors, malgré les efforts méritoires (mais inconstants) d'un Jacques Villeret livré à lui-même, ou les errements pathétiques d'une Michèle Larroque dont le personnage d'institutrice change de registre à chaque scène où elle apparaît (du pète-sec au sirupeux !), l'ensemble dégage une impression de lent naufrage… ce qui est quand même le comble pour un film qui se déroule pour l'essentiel en haute montagne !


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Mars 2004
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