Untitled Document
 

     CiNéMa
 
LOST IN LA MANCHA

Un documentaire américain
de Keith Fulton et Louis Pepe
Avec Terry Gilliam
Jean Rochefort
et Johnny Depp
 
Haut et Court - 2003 - 1h29
Le making of édifiant et passionant d'une oeuvre qui ne verra jamais le jour. Passionnant, drôle et tragique


Depuis l’avènement du DVD, le making-of n’a plus de secret pour les cinéphiles. Pour les autres non plus d’ailleurs puisqu’une enquête récente montre que le bonus le plus prisé sur les galettes numériques est… le bêtisier ! Avec Lost in La Mancha, s’il est effectivement question de making-of, point de bêtisier à l’horizon, fort heureusement. Encore que l’aventure cinématographique avortée que nous narrent Keith Fulton et Louis Pepe tourne rapidement au film catastrophe dans lequel chaque péripétie ne fait que renforcer l’impression d’enlisement inéluctable dans des sables mouvants.

De quoi s’agit-il précisément ? D’un ambitieux projet de Terry Gilliam (Brazil, L’armée des 12 singes, Las Vegas parano…) visant à adapter au cinéma le roman épique de Cervantès : Don Quichotte.

Ambitieux parce que Terry Gilliam est un visionnaire, qu’il a des rêves sublimes et démesurés, débordants de créativité, de bruits, de couleurs et d’acteurs hors du commun : Jean Rochefort dans le rôle titre (voyez-le une fois dans son costume et il vous sera impossible d’imaginer ensuite Don Quichotte sous d’autres traits), Johnny Depp en Sancho Pança revu et corrigé par l’esprit en ébullition de Gilliam et Vanessa Paradis en évidente Dulcinée.

Terry Gilliam a écrit le scénario, dessiné le story-board et traqué les financements jusqu’à obtenir… un peu moins que le budget minimum qu’il souhaitait. Qu’à cela ne tienne, le projet est lancé et la préparation du film démarre. Il y a tant à faire : décors, costumes, seconds rôles, sites de tournage, studios… la fourmilière s’agite et le compte à rebours s’égrène qui précède le premier jour de tournage, véritable moment de vérité.

S’il reste platement classique dans la forme (un making-of comme on en a vu des dizaines, sans l’horripilant ton promotionnel, toutefois), Lost in La Mancha est passionnant sur le fond. Il nous donne à côtoyer un homme exceptionnel, totalement immergé dans son processus créatif ; il nous donne à voir les différentes étapes de la création d’une œuvre, de la simple idée au tournage ; il nous offre, surtout, les quelques rares scènes tournées par Gilliam avant de jeter l’éponge. Juste de quoi aviver un peu plus encore les regrets…


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Juillet 2003
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés