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     CiNéMa
 
MAN ON FIRE

Un film américain de Tony Scott
Avec Denzel Washington
Dakota Fanning
Christopher Walken
Giancarlo Giannini
et Radha Mitchell

UFD - 2004 - 2h26
Le cinéma coûte cher ? Tony Scott et Denzel Washington ont trouvé un bon moyen de satisfaire la clientèle qui en veut pour son argent : offrir deux films pour le prix d'un !


Premier film : une tendre "romance" entre un mercenaire américain au passé trouble (Denzel Washington) et une petite fille dont les parents fortunés vivent à Mexico, ville de perdition dans laquelle les enlèvements crapuleux se multiplient. La mission du mercenaire : protéger la petite fille lors de ses déplacements. Le gorille bourru et alcoolique se transformant peu à peu en nounou complice de cette gamine attachante qui a tellement envie que ce grand escogriffe devienne son ami, le spectateur y va de sa larme attendrie quand ces deux-là, mutuellement conquis, deviennent inséparables.

Mais patatras ! Deuxième film : ce qui devait arriver… ne manque pas de se produire et la petite fille est enlevée. Le versement de sa rançon échoue et la petite fille est assassinée par ses ravisseurs. Le gros nounours placide se change alors en vengeur implacable et, au prix de toutes les exactions "nécessaires" (tortures puis exécutions), il va remonter la filière des ravisseurs jusqu'au commanditaire, laissant deriière lui une litanie de cadavres mutilés.

Bien sûr, Tony Scott est un faiseur expérimenté et efficace, et Denzel Washington un acteur hors du commun. Bien sûr Man on fire fait partie de ces films redoutablement efficaces qui ne laissent aucune place à l'approximation et déroulent implacablement leur scénario sans hasard ni hésitation. Bien sûr, le réalisateur fait preuve de virtuosité en traitant son image avec originalité, alternant plans-séquences et montage saccadé, images léchées et caméra à l'épaule, incrustant parfois les textes de ses dialogues plein écran pour renforcer encore leur puissance…

Et pourtant, un vrai malaise s'empare du spectateur assistant à ce combat manichéen entre le bien (Américain) et le mal (Mexicain). Tout est binaire chez Tony Scott. Mexico est un bidonville tentaculaire où la crasse et l'abrutissement règnent en maîtres. Les Latinos sont cruels et cupides, les Gringos humanistes et épris de justice. L'offense doit être vengée, le tueur doit être tué. Ajouté à une complaisance certaine dans la description des violences exercées par le justicier dans l'exercice de ses fonctions, Man on fire laisse derrière lui comme un goût amer, voire un goût de brûlé…


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Octobre 2004
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