Un film américain de Joel Zwick
Avec Nia Vardalos
John Corbett
et Lainie Kazan
Metropolitan Export - 2003 - 1h36
Une
fois nest pas coutume, oublions la critique cinématographique
pure et dure et regardons Mariage à la grecque pour ce quil
est : un conte de fées ! Mais attention, un vrai, pas un frelaté,
pas de ces pseudo-histoires damour qui remplissent les colonnes
people des magazines le temps de la promotion dun film.
Ce conte de fées-là, cest à Nia Vardalos
quil arrive. Nia qui ? Ah, vous voyez quon nest
pas dans le domaine des ragots people : on nen a jamais entendu
parler de Nia Vardalos ! Et pour cause. Elle na pas de famille
dans le cinéma, na pas une plastique de poupée
Barbie et, comble de malchance, elle est bourrée dhumour
et de talent ! Autant de handicaps potentiellement insurmontables...
en dehors des contes de fées justement.
Donc, Nia Vardalos a écrit un spectacle quelle joue seule
sur scène et qui raconte sa vie, sa famille, sa culture, bref,
tout ce qui fait sa singularité daméricaine dorigine
grecque. Le tout avec une drôlerie décapante et un enthousiasme
communicatif. Au point que Tom Hanks (dont la femme est grecque, justement)
sentiche de ce spectacle et lui propose den faire un film.
Bingo ! Le projet se monte, le film se tourne, sort en salle et...
fait un carton au box-office américain ! Bref, un conte de
fées...
Précédé dune telle réputation, My
big fat greek wedding (en VO dans le texte) est attendu avec impatience
de ce côté de lAtlantique. On se précipite
donc en salle dès sa sortie en France en se disant que lon
va passer un bon moment et lon nest effectivement
pas déçu. Non que Mariage à la grecque soit un
grand film, on en est même relativement loin, mais cest
un film qui ne se prend pas au sérieux, qui nous fait rire,
nous attendrit et nous rend plus humain. Nia Vardalos, qui a repris
son rôle de scène, y est pétillante et sa famille
"méditerranéenne" est aussi envahissante quil
est possible de lêtre sans tomber sous le coup de la loi
! Seul son bellâtre de fiancé (John Corbett) fait un
peu tâche dans le paysage avec son expressivité de poulpe
shooté aux somnifères.
Pour le reste, lhistoire est classique et sans suspense (cf.
le titre) : jolie histoire damour sur fond de différences
culturelles à surmonter (thème à la mode ces
temps-ci. On se rappelle, par exemple, de lexcellent Joue-la
comme Beckham...) et happy end. En 1h35 tout est dit. Mais le véritable
plaisir que procure ce film réside dans la multitude et la
diversité des personnages. Tous ces hommes et toutes ces femmes
surtout (Mariage à la grecque est avant tout une histoire de
femmes), véhiculent une manière de vivre, une énergie
(une anarchie, aussi), tout à fait salutaires et revigorantes.
Alors, cette semaine, ne passez pas à côté dun
plaisir simple : un agneau grillé, un peu dOuzo et une
romance "bon esprit" sur fond de bouzouki. En attendant
lété et les plages Mykonos...