Un film américain de Sofia Coppola
Avec Kirsten Dunst
Jason Schwartzman
et Rip Torn
Pathé Distribution - 2006 - 2h03
Portrait
réussi d’une adolescente à qui on a tout pris
en échange d’une abondance matérielle qui lui
sera reprochée.
Devenue Marie-Antoinette, future reine de France, cette adolescente
Hongroise a renoncé à son enfance, sa langue et ses
repères au nom de l’alliance politique entre la France
et son pays. Elle va devoir apprendre, à 14 ans, les codes
culturels de Versailles, le ridicule de certains, la solitude, la
médisance, la futilité…
Le troisième long-métrage de Sofia Coppola est aussi
un troisième portrait d’adolescente basculant dans un
univers de femme. La figure historique est une illustration comme
une autre pour dénoncer la difficulté rencontrée
lors de ce passage, et ceci même pour la jeunesse dorée.
Kirsten Dunst interprète à merveille ce rôle en
nous livrant une reine de France, cible de polémique, humaine
et attachante.
Comme dans Virgin suicides et Lost
in translation, la bande son est utilisée à bon
escient. Ici, la musique rock rappelle que Marie-Antoinette n’est
pas un film historique, impression confirmée par de nombreux
anachronismes volontaires. Parfois criarde et associée au balayage
rapide des plans de décadence, à l’amas de nourriture
et à l’excès d’alcool, elle procure un sentiment
de nausée mais cet effet semble parfaitement contrôlé
par la réalisatrice.
Cependant il est regrettable que le film ait été vendu
comme historique ou biographique, il ne doit pas être vu comme
tel au risque de sortir avec un sentiment de déception. La
caméra est surtout centrée sur cette jeune femme esseulée
malgré la présence permanente de ses sujets ou serviteurs.
Les faits historiques sont succincts et la langue anglaise ne sied
pas à la cour de France, ni aux spectateurs français.