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     CiNéMa
 
MASSACRE A LA TRONÇONNEUSE,
LE COMMENCEMENT


Un film américain de Jonathan Liebesman
Avec Jordana Brewster
Matthew Borner
R. Lee Ermey
et Andrew Bryniarski

Metropolitan Filmexport - 2007 - 1h32
Revoilà l’adepte de la chirurgie hardcore ! Le monstre masqué découpeur d’adolescents crétins ! Bref, Leatherface fait un retour fracassant au cinéma et ce nouvel opus rappelle même la terreur primitive du chef d’œuvre de Tobe Hopper.


De toutes les icônes du film d’horreur, Leatherface est le seul à subir un traitement honorable. Freddy Krueger, le grand brûlé au gant griffu, s’est transformé en comique de stand up. Jason Voorhees, le mort vivant débile de Vendredi 13, n’a jamais eu grand-chose à dire. Michael Myers, le tueur indestructible de Halloween tue toujours de la même manière depuis une dizaine d’épisodes… et ne parlons pas de Chucky ou Pinhead, héros de petits nanars
idiots !

Il y a quelque temps, l’effroyable Michael Bay (Bad boys, The island) se mettait en tête de produire un remake de Massacre à la tronçonneuse. L’idée était flippante, mais dans le mauvais sens du terme. À la surprise générale, le film respectait l’ambiance dégénérée et ironique du film de Tobe Hopper.

Évitant le piège du second degré, le film est un succès et évidemment, Bay réclame une suite. Ce nouvel épisode est en réalité le préquel. Il raconte comment Leatherface et sa petite famille de tarés texans sont devenus d’horribles cannibales.

Là encore, le film va loin dans le gore et ferait presque passer Saw 3 pour une niaiserie romantique. Ici, ça découpe à tout va ! Ça transperce ! Ça dégomme ! Ça transforme le casting (relativement insupportable) en ragoût saignant.

C’est donc d’un raffinement très limité et c’est justement ce ton décadent qui permet au réalisateur de faire émerger la figure impressionnante de Leatherface et sa fidèle tronçonneuse.

Formé par son oncle, Leatherface (Tommy, c’est son petit nom) est filmé avec un amour assez perturbant. Le voir marcher le long de la route avec son instrument de prédilection reste une image presque tendre alors que le film se laisse aller à tous les excès. L’envie d’iconisation du personnage permet au spectateur de tenir face à cette bouillie nauséabonde. Le film ne laisse pas de marbre. Les pisse-froids vont hurler au scandale tandis que les amateurs apprécieront "la générosité" du film. Entre les deux, on a le droit de penser que c’est un plaisir honteux, pas si désagréable que ça.


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Février 2007
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