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MA FEMME... S'APPELLE MAURICE

Un film français de Jean-Marie Poiré
Avec Philippe Chevalier
et Régis Laspalès

Warner - 2002 - 1h42
Allez, je vous dis tout : Chevalier et Laspalès me font rire. Et qu’on ne vienne pas me jeter la pierre, j’en connais que Bigard met en joie, d’autres qui pouffent devant les sketchs d’Elie Kakou, voire certains qui trouvent Michel Boujenah... drôle, c’est dire ! Alors disons que Chevalier et Laspalès en valent bien d’autres et que leur duo à mi-chemin entre Laurel et Hardy et les Frères Ennemis recèle des vertus comiques auxquelles je suis sensible.

Et même si leur film s’annonçait, par affiche et bande-annonce, comme une énorme farce sans finesse, impossible de ne pas espérer y trouver, ici ou là, quelques perles authentiques.

Je vous ferais grâce de "l’intrigue" de cette pochade boulevardière (il s’agit d’une adaptation de la pièce de théâtre éponyme, restée plusieurs années à l’affiche dans les plus grandes salles parisiennes) qui contient tous les ingrédients obligés du genre : le mari fauché, la femme trompée, la maîtresse intéressée, le fiancé jaloux de la maîtresse, le pigeon qui rend service (il faut dire qu’il est bénévole au Secours Fraternel) et quelques personnages secondaires, parmi lesquels un Martin Lamotte jubilatoire.

Reste la manière de filmer (catastrophique) de Jean-marie Poiré : succession de plans fixes et de gros plans hideux, décors et costumes dégoulinants de mauvais goût tapageur et pléthore de brefs seconds rôles tenus par des "célébrités" du microcosme médiatique (Benjamin Castaldi, Raphaël Mezrahi, Stéphane Audran, Guy Marchand, Virginie Lemoine…). Bref rien à sauver de ce côté là.

Deuxième piste à explorer : la prestation de notre duo comique. Et là encore, c’est la déception qui prédomine. L’interprétation de leurs rôles sur les planches les a amenés à outrer leur jeu de façon caricaturale. Un bon mot ne s’énonce pas devant une caméra comme au théâtre face à une salle de 600 personnes. A plus forte raison pour une attitude, une démarche ou une mimique... Résultat : une sorte de grand guignol permanent qui peine à arracher au spectateur le plus indulgent les quelques sourires qu’il était venu chercher. Quant aux rires n’en parlons pas, même si, en deux ou trois occasions on ne peut retenir un esclaffement qui doit plus à la surprise qu’à la qualité de la scène ou des dialogues.

Vous pouvez donc sans remord faire l’économie de ce ticket de cinéma-là et offrir les 7 ou 8 euros qu’il coûte à l’association caritative de votre choix, le Secours Fraternel de Maurice Lappin avec deux "p", par exemple...


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Octobre 2002
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