Un film français de Roschdy Zem
Avec Pascal Elbé
Cécile De France
Jean-Pierre Cassel
Martine Chevallier
Leïla Bekhti
et Antoine Chappey
Wild Bunch - 2006 - 1h28
Vous
avez de la chance, je suis de bonne humeur ! Du coup je vous la fais
courte, sachant pertinemment que vous n'habitez pas au milieu d'un
désert médiatique qui vous aurait totalement coupé
de l'univers enchanté de la promo taille XXL.
Or donc, prenez un musulman sympathique et particulièrement
bien intégré (Roschdy Zem en prof de piano au conservatoire),
fiancez-le à une adorable juive libérée de toute
contrainte religieuse (Cécile De France), plongez-les dans
la France laïque et moderne du début du XXIe siècle…
et vous obtiendrez une comédie de mœurs enlevée
et intemporelle dans laquelle le poids des traditions est toujours
aussi lourd !
Enfin, pas si lourd que ça en réalité puisque,
pour les besoins de la cause, Roschdy Zem réussit un rétablissement
(elliptique) de dernière minute pour offrir au spectateur attendri
un happy-end fédérateur.
C'est d'ailleurs là le principal défaut du premier film
de l'acteur qui, en prenant le parti d'être des deux côtés
de la caméra (et même au scénario en collaboration
avec l'irrésistible Pascal Elbé), n'a sans doute pas
eu la lucidité de pousser jusqu'au bout son travail d'analyse
froide d'une réalité inébranlable.
On ne lui en voudra pas pour autant. Comment imaginer, en effet, terminer
ce genre de film sur un constat "d'échec inévitable".
On entend d'ici les réactions à une fin tragique, concluant
froidement à une incompatibilité culturelle (ou religieuse,
ou sociale, etc.) insurmontable !
Alors on joue le jeu, on s'attendrit et on se révolte, on rit
et on pleure… bref, on se comporte comme un public raisonnable
qui s'insurge contre les a priori (c'est pas bien), l'intolérance
(c'est mal) et le racisme ordinaire (c'est très mal). Et l’on
évite de se demander qui, dans le public, aurait la grandeur
d’âme des familles d’Ismaël et de Clara. Bien
peu, je le crains…