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     CiNéMa
 

MELINDA ET MELINDA

Un film américain de Woody Allen
Avec Rhada Mitchell
Chloe Sevigny
Amanda Peet
Will Ferrel
et Chiwetel Ejiofor

20th Century Fox - 2005 - 1h40

Un divertissement de qualité avec tous les ingrédients que nous aimons : New-York, le jazz, la difficulté d’aimer et d’être aimé, des répliques subtiles. Il n’y a pas de plaisirs mineurs. Mordez dans la Grosse Pomme !


L’histoire ? Dans un restaurant, deux auteurs, l’un de comédie, l’autre de drame, partent d’un même point de départ (une jeune femme, qui vient de tenter de se suicider, interrompt un dîner mondain) pour broder selon leurs compétences. L’un auscultera les tréfonds de l’âme humaine, l’autre tissera une charmante comédie romantique.

En fait, l’affaire est un poil plus subtile, on trouvera de l’humour dans la noirceur et de la gravité dans le rire.

À entendre les critiques parues dans la plupart des grands médias, Melinda et Melinda serait un Woody Allen mineur. Ces messieurs et dames de la critique font penser à des peine-à-jouir à qui l’on proposerait un aphrodisiaque. N’écoutez pas ces lascars qui vous dégoûteraient de prendre du plaisir. Melinda et Melinda est un film à la fois grave et drôle qui a donc le double avantage de vous faire rire et de vous faire réfléchir. Peut-être que les critiques des médias ne savent pas faire deux choses en même temps ou passer d’une émotion à l’autre.

Et puis il faut dire que ce Woody est agaçant : nous donner un film par an, c’est un rendez-vous à l’ancienne. Qui, à part lui, est encore capable de tourner un film par an ? Il devrait savoir que la régularité, si elle nous sécurise, nous autorise parfois à bouder notre plaisir. Si l’auteur ne s’était pas manifesté, il y a quelques mois, si nous avions dû attendre quatre ans pour avoir de ses nouvelles, tout le monde dirait que Melinda et Melinda est un film formidable.

Entendons-nous, il ne s’agit pas d’un film génial ni même bouleversant. Plus modestement, il s’agit d’un film durant lequel nous passons un moment de plaisir et qui a le formidable avantage de nous éclairer davantage sur la vision du monde de son auteur.

Ajoutons à cela une mise en scène qui a l’élégance de se faire discrète et un jeu d’acteur jouissif. Ajoutons encore des actrices dont certaines sont parmi les plus charmantes qu’on puisse connaître : ah, Chloe Sevigny en bobo New-Yorkaise un brin coincée mais d’une beauté confondante. Ah, Radha Mitchell, épatante dans un double rôle loin d’être évident pour une jeune actrice.

Quant à Will Ferrell, comique issu du Saturday Night Live (comme Bill Murray, Mike Myers, etc.), c’est simple, il est le porte-parole de l’auteur avec un humour qui fait penser à Michael Caine dans Hanna et ses sœurs.

Hanna et ses sœurs, Maris et femmes, Crimes et délits… Nous sommes dans cette mouvance de portraits de groupe où la vie peut être envisagée comme une tragédie ou une comédie selon la façon dont on la raconte.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Janvier 2005
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