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     CiNéMa
 
LA MEMOIRE DANS LA PEAU

Un film américain de Doug Liman
Avec Matt Damon
et Franka Potente

UIP - 2002 - 1h58
Qui est Jason Bourne ? Qui est ce jeune homme repêché en pleine nuit par un chalutier italien au large de Marseille, alors qu’il dérive, inconscient ? Le moribond recèle quantités de mystères. D’abord, il présente deux balles logées dans le bas de son dos. Il recèle aussi, enfouie sous la peau, une capsule miniature qui projette un code à plusieurs chiffres. Surtout, Jason Bourne est amnésique. Son nom, on ne le découvrira que plus tard. Comme on découvrira, avec lui, un passé sulfureux, qu’il était bien loin d’imaginer. Car, avant d’être repêché en pleine mer, Jason Bourne était un tueur. Un tueur impitoyable. Surentraîné. Programmé pour être infaillible. Sauf que…

Qui est Jason Bourne ? La Mémoire dans la peau, tiré du thriller homonyme de Robert Ludlum, est une quête identitaire, plutôt bien jouée par le lisse mais intéressant Matt Damon. Avec lui, on remonte le fil de ses derniers mois. Un retour qui ne ménage pas les rebondissements : ribambelle de tueurs, poursuites en voitures, jolie inconnue, agents de la CIA ripoux, politiciens véreux…

Qui est Jason Bourne ? Le spectateur l’apprend vite. Trop vite. Le suspense en prend alors un coup. Et, une fois que Bourne a pigé qui il était, le film déroule un scénario plutôt convenu, fondé sur une histoire de meurtre politique plutôt alambiquée et sur une machination de la CIA délicate à saisir.

De plus, certaines aberrations empêchent le spectateur de plonger véritablement dans l’histoire. Deux exemples : une poursuite en voiture s’engage gare du Nord, à Paris ; deux virages, quelques rues en enfilade, et nous voilà sur les quais de Seine, dans le sud du XVIe arrondissement. Un parcours qui demande à n’importe quel motard un peu excité au moins un quart d’heure. Deuxième exemple : après avoir tué un... tueur lancé à ses trousses, Bourne fouille ses poches. Génial : il y découvre l’ordre de mission de l’homme, avec son nom, son adresse, son employeur, etc. Un document qu’un enfant de 3 ans aurait évité d’emmener avec lui…

Du détail ? Peut-être. Mais, ajoutées à un scénario un peu faible et à d’autres situations peu crédibles, ce genre de détail suffit à laisser une impression d’inachevé. Le fabuleux roman de Ludlum aurait mérité plus de soins. Le film n’en reste pas moins un sympathique divertissement, mené sur un rythme effréné.


Michel Revol
© Jowebzine.com - Octobre 2002
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