Un film américain de Lee Tamahori
Avec Pierce Brosnan
Halle Berry
et John Cleese
UFD - 2002 - 2h14
Jhésite
entre "énaurme" et "nimporte quoi"...
Non que le 20e épisode des aventures de lespion de Sa
Majesté soit raté (cest loin dêtre
le cas), mais plutôt quà force de donner dans la
surenchère, les producteurs finissent par écoeurer le
spectateur le plus affamé et par blaser le grand enfant qui
sommeille en chacun de nous. Plus de deux heures dexplosions,
de cascades, de combats, de gadgets futuristes, de mitraillages intensifs
et de catastrophes écologiques majeures, je vous assure que
ça fatigue... même confortablement calé dans un
des moelleux fauteuils du multiplex le plus proche.
Jugez plutôt :
James Bond débarque, de nuit et en surf, sur la côte
Coréenne (du Nord, évidemment), déploie un mini-émetteur
radio qui détourne un hélicoptère de sa route
et lincite à atterrir à ses pieds. Sous la menace,
Bond et ses "collègues" se substituent à léquipage
et gagnent le camp militaire retranché Nord-Coréen le
plus proche du 38e parallèle. Là, se faisant passer
pour un trafiquant, il propose une mallette (piégée,
ça va sans dire) pleine de diamants en échange des armes
dont il est commanditaire. Mais, démasqué, il réussit
à mettre le camp à feu et à sang grâce
à ses multiples armes secrètes et à son sens
inné de limprovisation : feu nourri darmes lourdes
et légères (Bond na pas de préférence
marquée), explosions ininterrompues, course poursuite en overcraft
sur des champs de mine... Rien ne nous est épargné,
jusquà la mort du méchant dans une chute fatale
à laquelle Bond échappe en sagrippant, à
lultime seconde, à une corde fixée sur limposante
cloche du portique dun temple oriental. Rebondissement final
qui permet à Bond cette réplique ébouriffante
: "Ouf. Cest ce qui sappelle être sauvé
par le gong !" Le tout à duré 20 bonnes minutes
et donne loccasion au réalisateur de lancer, enfin, le
générique de début !
Rassurez-vous, jarrêterai là ma description minutieuse
des exploits de 007. Sachez simplement que vous aurez droit, au cours
des 2 heures qui suivent, à une voiture invisible (une magnifique
Vanquish à 230 000 euros sans les gadgets), à une chanteuse
à la mode (Madonna), à la plastique parfaite dHalle
Berry (à moins quil ne sagisse, là encore,
deffets spéciaux, ce qui serait assez rassurant pour
la commune des mortelles), à une bague pulvérisant nimporte
quelle paroi de verre, aussi blindé soit-il (sept ans de malheur
?), au découpage dun morceau de banquise à laide
dun laser spatial (?), au décollage dun hélicoptère
sorti dun avion (en vol), à du surf sur un raz de marée
(je sais, dis comme ça cest un peu bizarre, mais cest
exactement ce qui se passe à lécran...), et à
quelques centaines dautres péripéties du même
acabit !
Vous comprendrez, dans ces conditions, que mon unique obsession, en
sortant de la salle, ait pu être daller me coucher pour
récupérer un peu de tant démotions. Et
au lit sans manger en plus puisque, comme je le disais en ouverture,
jétais gavé !
Rétrospectivement, on se dit quaprès tout ça
nétait pas si mal, quon ny retournerait pas
forcément, mais quon ne regrette pas dy être
allé. Mais malgré tout, même la crise de foie
dissipée, on reste préoccupé par une de ces questions
irritantes qui, sans atteindre à une importance vitale, nen
gâche pas moins une tranquillité desprit amplement
méritée : pourquoi ce titre "Meurs un autre jour"
? Lexplication a du survenir incidemment entre 2 détonations
et aura échappée à mon attention. Pourtant, je
nai vraiment pas le cur dy retourner, alors si quelquun
peux maider...