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LE PEUPLE MIGRATEUR
 
Un film français de Jacques Perrin
 
Galatée Films - 2001 - 1h30
Le peuple migrateur n'est pas seulement un documentaire animalier réservé aux seuls naturalistes, ce film a avant tout pour vocation, à l'instar de Microcosmos, de sensibiliser un large public à la vie sauvage en l'intéressant à un des phénomènes les plus spectaculaires du monde animal : les migrations d'oiseaux.

Esthétiquement irréprochable, Le peuple migrateur utilise les techniques de tournage les plus sophistiquées parvenant notamment à faire se rencontrer sujets et spectateurs au moyen de prises de vue exceptionnelles. On est ainsi souvent projeté au milieu d'oiseaux filmés en plein vol. Ces moments de grâce ne sont pas le seul attrait de ce film captivant. D'autres scènes spectaculaires rythment le récit comme le piqué des fous de Bassan ou la parade des Grèbes.

Mais c'est quand il illustre des scènes spécifiques aux migrations que le film est le plus intéressant. Le public peut ainsi assister à une halte de cigognes qui, pour se reposer, sont obligées de se poser en plein Sahara soit loin de leur milieu habituel. Jacques Perrin a également le mérite de ne pas s'apitoyer sur le sort d'oiseaux blessés ou prisonniers qui, incapables de reprendre leur route, agoniseront lentement.

Dans la longue liste des pièges qui guettent ces impressionnants voyageurs, les activités anthropiques quelles soient économiques (trafiquants d'oiseaux rares) ou sportives (scènes de chasse), tiennent une place de choix. Cette dénonciation silencieuse atteint son but pédagogique tout en évitant les leçons de morale.

Toutefois, on peut reprocher au producteur de régulièrement décrocher du sujet, alors que de nombreux aspects naturels liés aux migrations ne sont pas évoqués. On peut ainsi regretter que peu de place soit laissée aux prédateurs ou à l'organisation de la vie du groupe. Mais le plus dommageable est qu'en focalisant son propos sur les grands oiseaux migrateurs à étapes, Jacques Perrin favorise chez le public une représentation mentale faussée de ce peuple migrateur. En effet, les passereaux de nos jardins (fauvettes des jardins, hirondelles...) sont peu évoqués alors qu'ils parcourent des distances souvent supérieures à celles des grands oiseaux. Seul un rouge-gorge apparaît dans le récit mais seulement pour illustrer le printemps. L'impact du film aurait pu être beaucoup plus fort si une place avait été réservée aux espèces communes.

Mais au final, le film atteint son but, et est susceptible de rendre le spectateur moins insensible aux êtres vivants qui l'entourent.


Guillaume Lebouis et Grégory Saillard
© Jowebzine.com - Décembre 2001
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