Un film américain de Paul Greengrass
Avec Matt Damon
Franka Potente
Brian Cox
Julia Stiles
et Joan Allen
UIP - 2004 - 1h49
Film
d’espionnage et d’aventures, La mort dans la peau,
d’après les romans de Robert Ludlum, réussit
parfaitement son contrat : vous êtes captivés pendant
une heure cinquante. Haletant.
Voici donc La mort dans la peau, le second volet des aventures
de Jason Bourne, ancien agent secret employé par la CIA
et qui a pour particularité d’être amnésique.
Un héros oui, mais fort et fragile à la fois.
Cette fois-ci, on cherche à coller des meurtres sur le
dos de Jason. Au début du film, il se cache avec sa compagne
en Inde, à Goa. Ils sont repérés et la
belle Franka Potente disparaît de l’écran.
En plus, on tente de faire porter à Jason le chapeau
concernant le meurtre d’agents de la CIA. Pensez-donc,
un amnésique ! On peut tout lui coller sur le dos.
C’est donc un Matt Damon mutique et blême qui sort
de ses gonds et décide de faire justice dans un monde
d’agents doubles et de trahisons. Un univers qui nous
promène de Berlin à Moscou, dans des endroits
gris et dépourvus de glamour.
Toute la force de ce film d’espionnage et d’aventure
se situe là dans une approche sobre du traitement. Le
scénario est solide et ne tombe dans aucun des pièges
qui gangrènent actuellement les films américains.
Pas de sentimentalisme ni de coups de théâtre improbables.
Peut-être est-ce dû à la patte du réalisateur
Paul Greengrass qui vient du documentaire et a réalisé
Bloody sunday sur la crise irlandaise. Greengrass cumule la
description d’un monde de coups bas et de manipulations
diverses avec une caméra mobile.
Nous pensons avoir tout vu au cinéma et parfois nous
sommes infiniment blasés. Mais, Greengrass et ses mouvements
de caméra, son usage d’une musique envoûtante
et rythmée, arrive à renouveler notre plaisir.
On se souviendra longtemps d’une baston intense entre
deux agents secrets à Berlin, ou d’une poursuite
en voiture à Moscou. Qu’il est bon d’être
tendu dans son fauteuil et de se laisser aller au plaisir d’une
narration stimulante.
Quintessence (il faut le reconnaître) du film pour garçons,
La mort dans la peau ne lorgne pas du côté de James Bond
mais fait penser à la bande dessinée XIII.
Décidément, c’est dingue comment ces types de
la CIA peuvent perdre la mémoire !
Si vous voulez idéalement vous changer les idées,
oublier la morosité des prises d’otages et des
attentats qui peuplent nos journaux télévisés,
allez voir La mort dans la peau. Vous y retrouverez un monde
inquiétant, mais vous aurez la satisfaction de penser
: "Ca n’est que du cinéma".
Et parmi les acteurs, on remarquera Joan Allen qui interprète
une des responsables de la CIA. Belle, blonde et froide, elle
aurait été une parfaite héroïne Hitchcockienne.