ILS NE MOURAIENT
PAS TOUS,
MAIS TOUS ETAIENT FRAPPES
Un documentaire français
de Sophie Bruneau
et Marc-Antoine Roudil
Bodega - 2006 - 1h20
C’est
parce que le débat de la souffrance au travail n’est
presque jamais abordé dans l’espace public que Sophie
Bruneau et Marc-Antoine Roudil ont choisi de consacrer leur nouveau
film-documentaire à cette grave question.
Suite à la lecture de Souffrance en France de Christophe Dejours
publié en 1998 qui présentait déjà les
grandes lignes de cette réalité méconnue, ces
2 cinéastes ressentent le besoin de "faire quelque chose…
de poser un geste cinématographique. Pas en réponse
mais plutôt en continuité : dessiller les esprits, participer
à la réflexion, nourrir le débat public".
Pour lutter contre la banalisation de ce mal, ils choisissent alors
d’installer leur caméra dans le cabinet d’une psychologue
et de 2 médecins de la région parisienne pour filmer
des consultations.
L’intensité du témoignage
A tour de rôle, hommes et femmes confessent leur souffrance
au travail dans un huit clos propice à l’authenticité,
un entretien unique. Ouvrière, cadre, jeune ou moins jeune…
tous expriment leurs difficultés et tentent surtout de comprendre
avec les médecins, les mécanismes qui les rendent malades
de leur travail. Il n’est jamais question de voyeurisme, la
sobriété de la réalisation se concentre à
recueillir le discours.
La peur éprouvée
Progressivement, les raisons qui ont conduit ces personnes à
la maladie se dessinent : les peurs qu’ils éprouvent
face à de nouvelles organisations de travail orientées
vers plus de performance et souvent absurdes. Un système d’où
découlent menaces de licenciement, harcèlements et humiliations,
jusqu’à rendre l’individu meurtri, incapable de
travailler et profondément isolé.
Réflexion collective
On se rend assez vite compte que la perversité du système
implique tout le monde. Ce film dénonce admirablement le fait
que le débat public, principalement consacré à
résoudre la crise de l’emploi aujourd’hui, ne s’attaque
pas directement à ce phénomène croissant dont
les effets sont néfastes dans tous les domaines de notre société.
On ne peut que regretter qu’il ne soit projeté que dans
12 salles en France.