Bill Plympton est un dessinateur d'animation génial né
en 1946 dans l'Oregon, dans une famille de six enfants. Comme il ne
faisait pas toujours très beau dans cette région, il
développa son imagination et ses talents de dessinateur...
Jusque-là, tout va bien. En 1964, il obtient l'équivalent
du baccalauréat, s'inscrit à l'université de
Portland et devient membre de la Société du cinéma
locale. Quatre ans plus tard, il s'installe à New York et commence
une année à l'école des Visual Arts.
Pour lui, la vie d'illustrateur et de cartooniste commence. Ses dessins
sont partout : New York Times, Vogue, The Village Voice, Rolling Stone,
Vanity Fair, etc. Toute sa vie, il a été passionné
d'animation. À 14 ans, il a envoyé ses dessins à
Disney, qui lui a répondu que, bien que ses dessins soient
prometteurs, il était trop jeune. Mais le "pli" était
déjà pris.
Ce n'est qu'en 1983 pourtant qu'il commence à animer des films
(en collaboration). Immédiatement après, il contacte
de vieux amis et les convainc de participer à son projet de
film intitulé The face, pour lequel il obtient en 1988 une
nomination aux Oscars dans la catégorie "Meilleure animation".
Son travail apparaît de plus en plus sur MTV. Il réalise
plusieurs courts (One of those days, How to kiss...) qui raflent tous
des prix. Puis il réalise The tune financé de sa propre
poche.
Afin de financer le film, il fait de certaines séquences du
long-métrage en préparation plusieurs courts. Push Comes
to Shove, un de ces courts, remportera le Prix du Jury au festival
de Cannes en 1991. À la même époque deux agences
de pub lui offrent ce qui a alors semblé des montants "époustouflants
et obscènes" pour faire quelques films publicitaires dans
le style Plympton. Avec cet argent dans la poche, il termine The tune,
réalise un rêve d'enfance et remporte de prestigieuses
récompenses. D'autres films ont suivi : Guns on the Clackamas,
I married a strange person (L'impitoyable lune de miel, en français).
ATTENTION, CE FILM N'EST PAS DESTINE AUX ENFANTS
Ne soyez pas non plus effrayés, cette première image
sert d'avertissement simplement. C'est juste que ce n'est pas du Walt
Disney (tous mes respects d'ailleurs pour l'uvre magistrale
effectuée de son vivant) que vous allez voir, c'est du "tir
à vu" sur tous les clichés de la société
américaine (vous me direz aussi : c'est facile, y en a beaucoup
!).
Certes, l'histoire en elle même n'est pas très originale
: un cosmonaute abandonné dans l'espace revient 20 ans après,
bien décidé à se venger avec une armée
"d'extra-terrestres sur-entraînés"... Bon,
ce serait banal si ce n'était pas si drôle. Mais surtout,
ce qui donne vie à cette incroyable fiction, c'est le souffle
de son créateur, le génie insufflé dans chaque
image par la maîtrise de son style. Ne soyez pas rebutés
par l'apparente incongruité du dessin. En fait, sans vouloir
aller trop loin, je dirais qu'il y a entre un Disney version 2000
(le vieux Walt doit se retourner comme une crêpe de ce qu'est
devenu son studio...) et ce Plympton (pour les autres, il faudra voir
si le Rédac' Chef me laissera gloser sur le DVD de I married
a strange person), autant de différences quentre les
images léchées tournées en studio des séries
style "Glamour, fric et méchanceté" et un
long-métrage tourné caméra à l'épaule
No comment.
On est à des années lumières de ce qui se fait
ailleurs, sauf peut-être pour le côté "crayonné"
(sans être péjorative, bien sûr) de l'excellent
Nos Voisins les Yamada de Isao Takahata (sauf que pour ce dernier,
tout était fait directement sur ordinateur) pour le côté
(apparemment) simple du dessin. Un jour aussi, peut-être, j'aurais
l'occasion de vous parler de films d'animation japonais, si méconnus
ici du grand public et pourtant si chers à mon cur...