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     CiNéMa
 
NADIA

Un film américain de Jez Butterworth
Avec Nicole Kidman
Ben Chaplin
Vincent Cassel
et Mathieu Kassovitz

TFM Distribution - 2003 - 1h33
BONS BAISERS DE RUSSIE
Plutôt thriller que comédie, la bonne surprise de la semaine avec une Nicole Kidman qui nous surprend encore


Nadia, je m’abuse ou il devait être question d’une comédie ? Ça va parce que je ne suis pas rancunière, mais tout de même, c’est un peu fort de vodka ! (il faut vous dire que je suis grabataire et aigrie, donc ce genre de surprise, ça me perturbe ; cela dit tout va bien). Comédie noire, si vous voulez, éventuellement thriller, mais aux antipodes de l’hilarant, croyez-moi !

L’histoire est celle d’un Anglais, célibataire et employé de banque modèle qui, n’ayant pas le temps de trouver l’âme sœur, s’offre les services d’une cyber-agence matrimoniale spécialisée dans la Russie. C’est ainsi que lui est livrée Nadia : belle, grande et fardée comme une Russe, mais ne parlant dramatiquement pas un traître mot d’anglais. Passés les premiers jours de panique, John apprend à communiquer avec elle, commençant même à trouver sa nouvelle demoiselle de compagnie un brin attachante (à tous les sens du terme, d’ailleurs).

Un jour, surprise, deux hommes russes débarquent pour fêter l’anniversaire de Nadia, leur cousine. Celle-si semble si heureuse de retrouver sa famille et pouvoir enfin discuter dans sa langue, que John accepte ce squat à durée indéterminée chez lui, sans se douter de ce qui l’attend. Les cousins lui mijotent en effet une nouvelle surprise autrement plus inattendue, disons plutôt un piège, propre à faire voler en éclats la vie bien trop insipide de ce paisible anglais.

Difficile de s’arrêter là dans le récit, alors que le scénario ne manque pas de rebondissements, mais il faut bien ménager le suspens pour le futur spectateur. De quoi vous faire souvent frissonner en tout cas, surtout quand Nadia manque de se faire déchiqueter à la scie sauteuse par Alexeï, lequel se transperce malencontreusement la gorge avec un marteau piqueur… (ah oui, là c’était vraiment loin d’être tout rose). Certes cette scène n’a pas été retenue pour la version définitive du film, mais c’est pour vous donner une idée de « l’imprévu » qui peut surgir à chaque instant dans Nadia.

Par ailleurs, les acteurs sont méconnaissables et extrêmement convaincants dans leurs rôles respectifs pourtant assez hors du commun. On savait déjà que Nicole Kidman pouvait jouer n’importe quoi avec talent, mais est-ce le défi de tenir un rôle muet pendant les trente premières minutes qui l’a poussée à se surpasser ?Toujours est-il qu’elle entre dans la peau de Nadia avec une aisance désarçonnante. Constat identique pour les amis Vincent Cassel et Mathieu Kassovitz, dont la complicité transparaît même dans leurs dialogues en russe. Chapeau ! Quant à Ben Chaplin, avec ses airs de garçon calme et gentil, il était plutôt prédisposé pour tenir le rôle du gentil, ce qu’il fait effectivement fort bien.

Joli casting, donc, pour une comédie qui n’a de comédie que les cinq premières minutes, au-delà desquelles il ne serait guère question de se détendre. Une fois ce détail assimilé, Nadia mérite que l’on s’extirpe de son flegme estival pour aller passer un moment dans une salle obscure, et pas seulement pour gagner deux heures de clim !


Fabienne Simon-Jean
© Jowebzine.com - Août 2003
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