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     CiNéMa
 
NARC

Un film américain de Joe Carnahan
Avec Jason Patric
Ray Liotta
et Busta Rhymes

Mars Distribution - 2003 - 1h40
STUPEFIANT
Un bon polar sordide à souhait dans les bas-fonds junkies de Detroit


Nick Tellis, ancien de la Brigade des stups de Detroit infiltré dans l’univers des dealers, est suspendu de ses fonctions après une opération terminée tragiquement. Après plusieurs mois, ses supérieurs lui proposent sa réintégration et lui confient l’enquête sur la mort de Michael Calvess, un autre flic infiltré, assassiné en service. Tellis est associé à Henry Oak, ancien partenaire de Calvess, pour élucider enfin ce crime qui remonte à plus de deux mois. Profitant de la connaissance du milieu de Tellis, l’enquête avance rapidement, mais la réalité qui se dévoile est assez différente de celle supposée…

Avec cette plongée dans les bas-fonds junkies de Detroit, Joe Carnahan (scénario et réalisation) fait preuve d’un savoir-faire hors du commun. Si l’histoire n’est pas extraordinairement nouvelle (la difficulté pour un flic infiltré de ne pas succomber aux tentations), l’écriture du scénario et la manière de filmer sont d’une redoutable efficacité. Rien ne nous est épargné de la vie glauque et sordide des camés et dealers de tout poil.

Entre la qualité du montage (flash-backs rapides, succession d’images "subliminales" et courses-poursuites caméra à l’épaule viennent dynamiser une mise en scène précise et froide), le souci du détail (les décors, les dialogues, la violence…) et l’alternance enquête/vie privée, Narc saisit le spectateur à la gorge et le force à regarder en face l’horreur de cette vie souterraine. Mais attention, pas d’excès de voyeurisme ni de délectation morbide : sans être édulcoré, le pire est toujours hors champ.

Sur ces fondations solides, Jason Patric et un Ray Liotta métamorphosé (rond et grisonnant mais terriblement "présent") peuvent donner le meilleur de leur talent et nous coller au fauteuil du début à la fin, de la tragédie initiale à la révélation finale.

Pas de risque d’overdose avec Narc, juste un bon coup de speed bienvenu dans le ronronnement cinématographique estival.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Août 2003
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