Un film anglais de Ken Loach
Avec Dean Andrews
Thomas Craig
Joe Duttine
et Venn Tracey
Parallax - 2001 - 1h36
Chef
de file du cinéma réaliste anglais, Ken Loach revient,
avec The navigators, à la comédie sociale dont il est
le spécialiste incontesté. Plus scénarisé
et plus joué que pouvaient lêtre ses productions
précédentes (Bread and roses, par exemple), ce film
traite des soubresauts qua connue la Grande Bretagne au moment
de la privatisation de son chemin de fer.
Lapproche humaine, micro-économique, des grandes (r)évolutions
économiques initiées par Margaret Thatcher au début
des années 80 et aveuglément poursuivies par ses successeurs
se trouve ici décrite minutieusement, de lintérieur,
par un Ken Loach inspiré.
Pas de grands discours théoriques ou de diatribes anticapitalistes.
Non, juste des hommes et des femmes qui vivent au quotidien la privatisation
de British Railways (léquivalent de notre SNCF), morcelée
en plusieurs entreprises privées se partageant le territoire
et les fonctions. Certaines entretiennent les voies, dautres
commercialisent les voyages ou possèdent les trains
Sur le terrain, ce sont des cheminots (Paul, Len, Mick et Gerry) qui,
du jour au lendemain, voient disparaître, avec "leur"
entreprise nationale, toute notion de sécurité (sécurité
de lemploi, mais aussi sécurité dans le travail,
voire même sécurité des voyageurs). En effet,
à laune du profit obligatoire, les économies sont
toutes bonnes à prendre, même si elles doivent aboutir
à des situations ubuesques. Par exemple quand lemployeur
pousse ses équipes à la démission et embauche,
pour le même travail des intérimaires non-qualifiés
payés deux fois plus.
Cest tout ce mécanisme de libéralisation économique
et de précarisation de lemploi que Ken Loach décrit
avec un talent de conteur et un humour désabusé qui
nous attachent immanquablement à ces hommes qui se débattent
avec de nouvelles règles quils ne maîtrisent pas.