Un film français de Richard Dembo
Avec Agnès Jaoui
Sarah Adler
Katia Lewkowicz
Arié Elmaleh
et Gaspard Ulliel
TFM Distribution - 2005 - 1h50
1945.
Les Allemands sont en déroute et Nina recueille, dans
la grande maison dont elle a la charge, les enfants juifs cachés
jusque-là. Un film à la fois émouvant et
décevant.
La Seconde Guerre Mondiale en est à ses derniers soubresauts.
La bête immonde n’est pas encore morte, mais son
agonie est maintenant certaine. Quelque part en grande banlieue
parisienne, Nina (Agnès Jaoui) dirige un orphelinat dans
lequel elle recueille tous ces enfants juifs, cachés
pendant des années et dont les parents ont été
déportés. À la fois directrice et maman,
elle gère au mieux sa petite communauté malgré
les difficultés d’approvisionnement et les traumatismes
de la guerre. Pourtant, l’arrivée d’un groupe
d’ados libérés des camps va venir perturber
le bel ordonnancement de la maison de Nina.
Si le thème du troisième et dernier film de Richard
Dembo (décédé l’an dernier pendant
le montage de La maison de Nina) est particulièrement
intéressant, si les acteurs en général
et Agnès Jaoui en particulier sont impeccables, si la
somme d’informations sur l’époque est tout
à fait respectable, La maison de Nina n’en reste
pas moins un film mineur sur le plan cinématographique.
Sans envolée lyrique ni parti pris esthétique
marqué, le film fonctionne comme une reconstitution fidèle,
à mi-chemin entre le documentaire et le téléfilm.
Rien de déshonorant à cela, simplement on espérait
sans doute quelque chose de plus fort, de plus poignant…
On gardera tout de même précieusement en mémoire
le très beau plan fixe sur le visage d’Agnès
Jaoui découvrant, lors d’une projection, les premiers
films sur la libération des camps. À la fois digne
et tragique, elle reflète un degré d’émotion
que l’on a rarement vu au cinéma.