Ce
dessin animé en forme de conte Victorien déjanté
nous donne la joie de constater que Tim Burton est au sommet
de sa forme quand il mêle, macabre, burlesque et romance.
Le dessin animé commence quand la marionnette filiforme
de Victor dessine un papillon bleu. Sur l’écran,
nous lisons Les noces funèbres de Tim Burton. Eh oui,
des années après L’étrange Noël
de Monsieur Jack, Tim Burton nous propose de nouveau un dessin
animé avec des marionnettes. Et de nouveau, l’enchantement
qui nous avait saisi alors nous reprend comme si les années
n’avaient pas passé.
Le papillon bleu du début s’envole par la fenêtre
et nous nous retrouvons dans un monde en noir, blanc et gris
aux silhouettes grotesques et découpées. Dans
cet univers, qui ressemble à un cauchemar d’Angleterre
collet monté, la jeune Victoria dont les parents sont
nobles mais désargentés doit se marier avec Victor,
dont les parents sont riches mais roturiers. C’est un
mariage arrangé certes, mais quand les deux "fiancés"
se rencontrent pour la première fois, ils se rendent
compte qu’ils ont de nombreux points en commun : la délicatesse,
l’amour de la musique…
Lors d’un séjour dans la forêt proche de
la ville, Victor verra son existence fortement secouée
par une autre fiancée, venue du royaume des morts. Elle
l’entraînera dans son monde qui, il faut l’avouer,
est sacrément plus sympa, plus festif et plus coloré
que le monde des vivants dont fait partie Victor.
Pour le reste, une heure quinze de film et nous lévitons
au-dessus de nos fauteuils. Pourquoi ce dessin animé
est-il merveilleux ?
Il nous fait pénétrer dans un conte où
le romantisme est à part égale avec l’humour.
On rit et on est touché en même temps. On retrouve
au scénario Caroline Thompson qui avait écrit
Edward aux mains d’argent et qui raconte les histoires
qui correspondent au tempérament de Burton.
On retrouve Danny Elfman à la musique, qui développe
sa poésie propre et nous offre des morceaux de cabaret
désopilant. Enfin, Burton a demandé à ses
amis de doubler le film.
Si vous le voyez en version originale, vous aurez donc le bonheur
d’entre les timbres de Johnny Depp, Helena Bonham Carter,
Emily Watson, Albert Finney, Christopher Lee…
Du tonus, de la poésie (la transformation finale de la
fiancée morte), la réalisation de ce film, conjointement
avec Mike Johnson, aurait pris 10 ans à Tim Burton. Nous,
on est prêt attendre de nouveau dix ans, si la féerie
est à nouveau au rendez-vous.
Si vos enfants n’ont pas peur des cadavres et des os,
c’est-à-dire s’ils apprécient Halloween
; s’ils savent ce qu’est la mort, ne vous privez
pas du plaisir de les emmener avec vous.