SOURIS CITY
Un film américain
de David Bowers et Sam Fell
UIP - 2006 - 1h35
ERAGON
Un film américain de Stefen Fangmeier
20th Century Fox - 2006 - 1h45
THE HOLIDAY
Un film américain de Nancy Meyers
UIP - 2006 - 2h11
Ça
y est ! Les invités sont à table. Le repas de Noël
est lent et copieux. Mamie se plaint. Les oncles ricanent et goûtent
le vin. Ça parle de gens que l’on ne connaît pas
et les enfants se plaignent. Ils préféraient jouer avec
leurs nouveaux jouets.
Lorsque le café et le digestif arrivent, les parents vous demandent
de vous occuper des plus jeunes et là, la meilleure solution
reste le cinéma. On peut paisiblement digérer le festin
et en plus les enfants se taisent.
Si vous êtes avec des tout petits, Souris City
s’annonce comme le meilleur choix. Vous n’avez pas à
vous inquiéter : le film est signé par les studios Aardman,
les créateurs de Wallace et Gromit.
Au programme donc : de l’humour bien anglais et des animaux
extrêmement humains. Roddy est une souris qui vit dans le luxe.
Un rat d’égout le pousse dans les toilettes et le rongeur
découvre une étrange ville au fond des canalisations.
Malgré lui, il va être au cœur d’un complot
mené par une grenouille belliqueuse.
Complexe, l’animation n’est plus en pâte à
modeler mais en trois dimensions. Les auteurs ont conservé
néanmoins le charme : l’humour est omniprésent
et se lit à tous les étages. Les petits s’amuseront
de l’aventure rocambolesque de Roddy et les grands apprécieront
les nombreuses références.
Un peu à la manière de Y a-t-il un pilote dans l’avion,
le dessin animé multiplie les gags aux quatre coins de l’écran.
Si l’image ne cache pas sa nature synthétique et dérange
un peu le spectateur, Souris City est un bon moment de détente
sans génie et sans prétention.
Autrement, si les plus jeunes approchent les dix ans, inutile de choisir
pour eux : ils voudront voir Eragon. Comme Harry
Potter ou Le Monde de Narnia, Eragon est un gros succès en
librairie.
Écrit par un jeune auteur de dix-neuf ans, Eragon narre les
aventures d’un dragonnier contre un vilain tyran. Sûrement
influencé par Star wars et Le seigneur des anneaux, l’auteur
ne sort pas des règles du conte fantastique et de l’heroic
fantasy.
Cela attire donc des petits producteurs malins, qui espèrent
gagner autant d’argent que les autres adaptations. Hélas,
comme le bouquin, le film n’a pas les mêmes qualités
que ses illustres prédécesseurs.
C’est prévisible et lisse. Le cinéaste n’a
pas une seule idée de mise en scène. Les comédiens
cachetonnent placidement (cela fait combien de temps qu’il n’a
pas vraiment joué, John Malkovich ?). Les gars des effets spéciaux
font correctement leur boulot. Les gamins seront contents, mais les
plus grands vont regretter la trilogie somptueuse de Peter Jackson.
Le résultat ne sera pas plus exaltant si vous devez accompagner
votre nièce après le déjeuner. À coup
sûr, elle voudra voir The holiday avec les
idoles de son journal people, Cameron Diaz et Jude Law.
Vous préférerez sûrement l’autre couple
du film, Kate Winslet et Jack Black. Ces deux-là sont charmants,
drôles et rigolards. Avec eux, le film décolle un peu.
Autrement, c’est une histoire inspirée d’un sujet
de journal féminin : "Malheureuses, on a échangé
nos vies".
Amanda est une Américaine stressée qui s’échappe
dans la campagne anglaise et tombe sur un charmant veuf avec une bouche
en cœur. Elle prête sa maison à une anglaise romantique,
Iris, qui va retrouver le goût de l’amour à Hollywood…
Pendant plus de deux heures, les deux demoiselles vont s’agacer
contre les hommes, contre le pays qui les accueille et contre les
scénaristes du film, plus que paresseux. The holiday copie
les classiques de la collection Arlequin. Ça se laisse voir
mais c’est aussi indigeste que le gâteau aux noix après
le gigot de Noël.
Le cinéma en période de Noël, c’est un peu
fade, mais il faut aussi l’avouer, ça gomme un peu la
torpeur qui entoure cette fête familiale. Les chefs d’œuvres
sont rares mais au moins, on ne s’ennuie pas.