Un film anglais de Joe Wright
Avec Keira Knightley
Matthew McFadyen
Rosamund Pike
Brenda Blethyn
et Donald Sutherland
Mars Distribution - 2006 - 2h05
Adapter
avec brio du plus célèbre des romans de Jane Austen,
Orgueil et préjugés réussit le tour de force
d’être fidèle et léger. La belle surprise
de la semaine.
Le cinéma est friand de ces œuvres sentimentales du XIXe
siècle que nous ont laissé en héritage d'illustres
auteurs, britanniques et français pour la plupart. Parmi eux,
Jane Austen s'est taillée la part du lion : Raison et sentiments
(de Ang Lee en 1995) ou Emma (de Douglas McGrath en 1997), en sont
les meilleurs exemples. Avec Orgueil et préjugés, c'est
donc à un autre des monuments de cet auteur majeur que s'attaque
Joe Wright pour son premier film.
Et il faut bien reconnaître que ce réalisateur, pour
néophyte qu'il soit, s'en sort admirablement. Il réussit
même, en à peine plus de deux heures, à plonger
son public dans une Angleterre victorienne plus vraie que nature,
restituant toute la complexité et la rigidité des codes
relationnels, des mœurs de l'époque et du mode de vie
de cette noblesse à plusieurs vitesses dont les relations sont
d'autant plus délicates que chacun aspire à s'élever
(ou à ne point déchoir) dans une société
où l'apparence compte plus que la vie ou la mort. Compte bien
plus que l’amour.
Car, bien sûr, c’est l’amour qui est au centre du
drame sentimental qui se joue sous nos yeux. Celui qu’éprouvent
l’un pour l’autre Elizabeth Bennet (Keira Knightley),
jeune fille au charme certain et au caractère bien trempé,
mais issue d’une famille certes noble, mais tombée de
longue date dans un revers de fortune fort préjudiciable à
sa fréquentation, et Fitzwilliam Darcy (Matthew McFadyen),
jeune homme de belle extraction, proche de la cour d’Angleterre,
qui ne saurait se commettre avec pareil parti sans offenser gravement
sa famille.
Hélas (ou heureusement), l’amour est plus fort que les
convenances et, après mille détours, leur amour viendra
à bout des orgueils et des préjugés !
Sarcastique, drôle, émouvant, porté par le charme
léger et piquant d’une Keira Knightley lumineuse et par
le sourcil ténébreux d’un Matthew McFayden que
l’on devrait revoir bientôt sur les écrans, l’adaptation
de Joe Wright est à la fois fidèle et enlevée,
en un mot : passionnante. Une belle réussite à saluer
comme il se doit : en salle.