Un film français
de Jean-Jacques Zilbermann
Avec Carole Bouquet
Damien Jouillerot
et Olivier Gourmet
Bac Films - 2004 - 1h30
La
veine "éducation à la dure" connaît
un net regain d'intérêt et Les fautes d'ortographe
s'inscrit dans le mouvement général sans état
d'âme. Peut mieux faire.
Avez-vous remarqué comme l'époque est, chez les
adultes, à la nostalgie du bon vieux temps ? Et particulièrement
celui de l'éducation à l'ancienne. Avec autorité
bien affirmée et punitions à la clé. Nostalgie
masochiste d'autant plus forte que les mêmes qui la regrettent
ne risquent plus, vu leur âge, de subir à nouveau
leur rigueur implaccable !
Et bien, Les fautes d'orthographe participe de cette "vague
nostalgique". La concentre même en une quintescence
des Choristes, de Vipère au poing et du Lycée
de Chavagne !
Le résultat est un film profondément dépressif
qui décrit par le menu les affres et brimades subies
par le pauvre Daniel qui cumule les handicaps en étant
ado, introverti… et fils du proviseur et de la directrice
du lycée dans lequel il est élève et interne.
Le tout se déroulant dans des années 70 misérabilistes
qui ne font rien pour rehausser la bonne humeur déjà
faiblarde au départ.
Ca n'est pourtant pas dans une description sans complaisance
des relations cruelles, parfois sauvages, entre adolescents
que l'on pourra touver matière à reproche a l'endroit
de Jean-Jacques Zilbermann. Ce parti-pris réaliste nous
change un peu des enfances trop roses et béâtement
nostalgiques généralement portées à
l'écran.
Non, où le film pêche, c'est dans son incapacité
à faire adhérer le spectateur à une histoire
peu crédible, mal tournée et dont on attend encore
une fin digne de ce nom. Malgré quelques fulgurances,
le jeune Damien Jouillerot peine à entrer dans son rôle.
Quant à Carole Bouquet et Olivier Gourmet, dans des emplois
finalement secondaires, ils se tirent mieux d'affaire sans pour
autant parvenir à corriger les fautes (d'orthographe)
d'un film qui ne mérite pas la moyenne.