Un film français de Michel Hazanavicius
Avec Jean Dujardin
Bérénice Béjo
et Aure Atika
Gaumont - 2006 - 1h39
Une
parodie des films d'actions des années 50 qui s'avère
plus réussie que les précédents rôles de
Jean Dujardin ne pouvaient le laisser craindre.
Avouons-le : pression publicitaire massive, l'omniprésence
de "Brice" Dujardin sur tous les plateaux de télévision
et les précédentes prestations cinématographiques
de l'Aldo Maccione français n'étaient pas pour nous
motiver exagérément à prendre le chemin de la
projection de l'OSS 117 proposé. D'autant que le personnage
créé par Jean Bruce dans les années 50 n'a jamais
trôné très haut au Panthéon de nos héros…
Et puis, bonne surprise, le film de Michel Hazanavicius est plutôt
réussi compte-tenu de la gageure que représentait l'ambition
de départ : parodier les films d'espionnage gentiment ringards
(ou tout au moins gravement démodés) de l'après-guerre.
Il y parvient donc tout à fait en mixant habilement les conventions
du genre et un humour ironique contemporain (le scénario est
signé Jean-François Hallin, ex-auteur des Guignols).
Jean Dujardin s'avère même parfait dans le rôle
de James Bond franchouillard au service du Président René
Coty (sa Majesté à lui). Suffisant, misogyne, séducteur
invétéré, inculte (voire un peu crétin)
et cocardier au-delà du raisonnable, notre Hubert Bonisseur
de la Barth (OSS 117 pour les initiés) multiplie les gaffes
et les dégâts au cours d'une mission des plus périlleuses
au Caire, nid d'espion bien connu.
Au fil de dialogues souvent drôles, de situations invraisemblables,
de cascades et bagarres à l'ancienne et de gags de répétition,
Michel Hazanavicius et Jean Dujardin finissent par mettre dans leur
poche les spectateurs les plus méfiants au départ. On
rit même franchement à certaines scènes dignes
du meilleur comique. Et l'on sort de la salle en se disant que si
(sauf accident) on a échappé à un Brice de Nice
2, un nouvel "épisode" des aventures d'OSS 117 est,
lui, hautement probable…