Untitled Document
 

     CiNéMa
 
PANIC ROOM
 
Un film américain de David Fincher
 Avec Jodie Foster
et Forest Whitaker
 
Columbia - 2002 - 1h48
Mais quelles drôles d’idées peuvent bien traverser, ne serait-ce qu’une seconde, l’esprit de cette femme tout récemment divorcée pour l’inciter à visiter cette vaste demeure aux pièces immenses, aux couloirs et corridors interminables, lugubre à souhait, sise dans le quartier chic de Manhattan ? Ça, je ne saurais vous le dire. Toujours est-il qu’elle en fait l’acquisition et nous les retrouvons, elle et sa fille, au seuil de leur première nuit, cherchant le sommeil, chacune couchée dans l’une des innombrables chambres au plancher craquant du 2e étage.

Le cameraman choisit ce moment précis pour balayer d’un œil périphérique l’ensemble des pièces où vont se dérouler, devant un spectateur tétanisé et fasciné, toutes les scènes du film. Sans doute pour nous donner un aperçu de la solitude, de l’isolement et du stress dans lesquels ces deux êtres sans défense vont se retrouver plongés durant cette nuit d’angoisse quand, quelques minutes plus tard, trois cambrioleurs armés jusqu’aux dents, feront irruption, croyant la maison vide de tout occupant.

Elles n’auront que le temps de se réfugier dans la fameuse "panic room" censée constituer la meilleure défense du manoir, pourtant vendu comme forteresse imprenable de par son système de télésurveillance sophistiqué mais malheureusement pas encore branché en totalité. Malheureusement, c’est dans cette pièce qu’est enfermé le coffre convoité par nos bandits…

Jodie Foster y est parfaite et convaincante en mère aimante et protectrice d’une ado diabétique, faisant montre d’un sang froid admirable, d’une ingéniosité et d’un courage sans limites, générés par son instinct de survie pour elle et sa fille. Quant à la jeune actrice campant le rôle de cette enfant fragilisée par ce problème de santé difficile à gérer dans ce contexte d’insécurité extrême, elle se révèle touchante de naturel et d’authenticité.

Panic room est un thriller angoissant, filmé "à la Hitchcock" avec la caméra qui avance en scrutant avec précision chacun des recoins qui seront, tour à tour, les témoins impuissants du cauchemar que vont vivre ces deux victimes aux prises avec de redoutables gangsters.

Il faut reconnaître qu’en creusant le passé de metteur en scène de David Fincher, on s’aperçoit qu’en matière de suspens et de thriller, il n’en est pas à son coup d’essai. Après des débuts restés quelque peu dans l’ombre, on le retrouve, en 1992, aux commandes d’Alien 3 suivi, en 1995 de Seven. Il enchaîne ensuite avec The game puis Fight Club, cherchant à nous épater toujours davantage, jouant avec nos nerfs et nos émotions tel le chat avec la souris.

Excellent jeu d’acteurs, suspens et action alimentent en adrénaline le spectateur avide de sensations fortes, avec quelques zestes de moralité et un trait de scrupules sur la fin, ingrédients rarement rencontrés, reconnaissons-le, chez le malfaiteur moyen.


Nicole Julien
© Jowebzine.com - Mai 2002
Untitled Document













Untitled Document
Copyright © 2001-2006 - Tous droits réservés