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AU PLUS PRES DU PARADIS

Un film français de Tonie Marshall
Avec Catherine Deneuve
William Hurt
et Bernard Le Coq

Pyramide - 2002 - 1h40
Ceux qui ont vu Vénus beauté (institut) se souviennent du rôle tenu par Nathalie Baye. Il s’agissait d’un formidable contre-emploi, celui d’une femme de quarante ans refusant l’amour. Aujourd’hui, dans Au plus près du paradis, Tonie Marshall nous livre un nouveau portrait de femme, imprévu et magnifique : celui de Fanette incarnée par Catherine Deneuve.

Fanette a beau avoir vécu, elle persiste à attendre son prince charmant, en l’occurrence Philippe, un ancien camarade d’études. Fantasme qui lui octroie sa part de rêves dans un monde où les gens se blessent autant qu’ils se frôlent. Fanette écrit des livres d’art. Elle a une fille (Hélène Fillières) qui semble son opposée en tout point. Elle vient d’emménager dans un nouvel appartement et est poursuivie par Bernard (Bernard Le Coq) ancien camarade d’études, lui aussi amoureux sans espoir.

Fanette est une femme imprévisible, sauf en ce qui concerne le film de Leo Mc Carey, Elle et lui, avec Cary Grant et Deborah Kerr. Dans ce film, les deux amants se promettent de se retrouver au sommet de l’Empire State Building, au plus près du paradis, quand ils auront réglé leurs problèmes. Fanette va voir et revoir ce film que Philippe lui a fait découvrir. Un jour elle reçoit un courrier de Philippe lui donnant, à elle aussi, rendez-vous au sommet de l’Empire State Building. Elle prétexte devoir prendre des photos de l’œuvre de l’artiste sur lequel elle travaille pour aller à New-York. Là, elle croisera un photographe entreprenant incarné par William Hurt.

Tonie Marshall a co-écrit son scénario avec Anne-Louise Trividic qui avait participé à Intimité de Patrice Chéreau. Ça n’est donc pas un hasard si on retrouve dans les deux films un désir de communication se heurtant aux autres. On aime ou on désire autrui, mais jamais au bon moment, on veut donner une caresse quand l’autre cherche à vous griffer...

Pour raconter son histoire, Tonie Marshall a recours à la fantaisie, mais aussi à un style heurté ou chaloupé. Fanette va son chemin en aveugle, mais nous devons être nombreux à l’accompagner.

À noter un point rigolo : le personnage de William Hurt, contrairement aux autres, n’a aucune crédibilité. Il est l’homme tel que le fantasme Tonie Marshall. Un peu comme dans les années 50, certains réalisateurs fantasmaient les pin-up. Et moi, je trouve ça sympa de voir un fantasme féminin au cinéma !


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Novembre 2002
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