Un film américain de Tom Tykwer
Avec Ben Whishaw
Alan Rickman
Rachel Hurd Wood
et Dustin Hoffman
Metropolitan Filmexport - 2006 - 2h27
Le
roman de Patrick Suskind connaît enfin une adaptation cinématographique.
Si Kubrick ou Scorsese n’ont pas su aller au bout du projet,
le discret Tom Tykwer a osé faire un film sur l’odeur.
Reste à savoir quelle senteur se dégage du résultat.
Tom Tykwer avait déjà osé l’impossible
: mettre en scène un scénario de Kieslowski avec Heaven.
Au final, le film était inégal, mais il fallait reconnaître
un certain courage au réalisateur de Cours,
Lola, cours. Audacieux, Tykwer s’attaque à une autre
adaptation extravagante : Le Parfum de Patrick Suskind.
Difficile de faire un film à partir d’une histoire qui
base tout sur les fumets nauséabonds du Paris du XVIIIe Siècle
jusqu’aux bouquets de Grasse. Pourtant le réalisateur
allemand relève le défi et il le réussit…
dans une première partie fascinante !
La voix rauque de John Hurt raconte donc le destin macabre de Jean-Baptiste
Grenouille, enfant abandonné qui développe un odorat
hors du commun. S’il découvre l’essence parfaite
sur le corps des femmes, il est bientôt obligé de les
assassiner pour obtenir leurs saveurs…
La formidable reconstitution du livre prend vie grâce à
des effets digitaux convaincants, mais moins immersifs que la plume
du romancier. Tykwer transforme le portrait de l’assassin en
un coûteux film de genre.
Il n’est pas étonnant de croiser Julio Fernandez et Samuel
Hadida, deux habitués des séries B, à la production
du film. C’est avant les meurtres que réside la meilleure
partie du film. L’appréhension du monde par l’asocial
Grenouille offre au réalisateur, un rythme soutenu et une ironie
assez mordante.
Lorsque Grenouille quitte Paris, le film devient un classique film
d’angoisse. Tout est soigné mais réducteur en
comparaison du roman. Les clichés du genre empêchent
le film d’être original. Au bout de deux heures, l’ennui
s’est installé avant d’être bousculé
par un final osé, mais grotesque. Le naufrage est à
ce moment inévitable.
Malgré un interprète convaincant et des qualités
évidentes, le souvenir du Parfum reste une seconde partie banale,
les cabotinages éhontés d’Alan Rickman et Dustin
Hoffman et la partouze ultime mais hors de propos. L’arôme
est alors proche de l’infection !