Un film collectif français
Avec Natalie Portman
Maggie Gyllenhaal
Gena Rowlands
Ludivine Sagnier
Juliette Binoche
et Nick Nolte
La Fabrique de Films - 2006 - 2h00
Dix-huit
courts-métrages pour un hommage international à Paris.
A défaut d'un grand film, une belle collection de miniatures
au milieu desquelles se cachent quelques merveilles.
Parti d'une idée aussi lumineuse qu'improbable de Tristan Carné,
Paris je t'aime prévoyait à l'origine vingt films (un
par arrondissement) confiés à autant de réalisateurs
internationaux invités à donner leur vision propre de
notre capitale. Seules contraintes : un budget réduit, deux
jours et deux nuits de tournage au maximum et pas plus de cinq minutes
pour chaque film.
Né sous l'heureux parrainage des frères Coen qui ont
tourné leur film (Tuileries) avant même que les financements
soient trouvés, Paris je t'aime affiche un casting ébouriffant,
impossible à lister ici tant réalisateurs et acteurs
de tous horizons y sont nombreux.
Le résultat, pour intéressant qu'il soit, est pourtant
inégal, voire quelquefois assez anecdotique. Ainsi, le prometteur
Marais de Gus Van Sant que la présence de Marianne Faithful
et de Gaspard Ulliel ne réussit pas à sauver de la vacuité.
Ou encore le Porte de Choisy de Christopher Doyle dont la comédie
onirico-musicale tourne à vide. Sans parler du Quartier de
la Madeleine que Vincenzo Natali transforme en Bal des vampires totalement
hors de propos, ni du touchant, mais trop édifiant, Quais de
Seine de Gurinder Chadha…
Heureusement, une poignée de petites réalisations plus
épicées viennent relever un plat qui risquait de se
transformer en cuisine internationale aseptisée. Au nombre
de ces belles réussites, on comptera le poignant Loin du 16e
de Walter Salles et Daniela Thomas, la scène de ménage
acide de Quartier Latin, écrit par Gena Rowlands et réalisé
par Gérard Depardieu et Frédéric Auburtin et
l'émouvant Place des Fêtes de Oliver Schmitz.
Mais sans hésitation, notre coup de cœur va à Faubourg
Saint-Denis, écrit et réalisé par Tom Tykwer
avec Natalie Portman dans le rôle principal. Et ce n'est pas
seulement le charme de la belle qui agit…
Au-delà de ses qualités et de ses défauts, il
faut pourtant reconnaître que l'idée de départ
est brillante et qu'au petit jeu des vingt arrondissements, le filon
est loin d'être épuisé. Comment ne pas imaginer,
alors, que l'exercice soit tenté par d'autres réalisateurs
et d'autres acteurs que l'on rêve de voir se frotter aux conditions
drastiques des producteurs... et à la magie éternelle
de la ville-lumière (oh le beau cliché) !