Un film français de Claude Lelouch
Avec Maïwenn Le Besco
Massimo Ranieri
Michel Leeb
Mathilde Seigner
et Arielle Dombasle
Les films 13 - 2004 - 1h59
Pathétique
agonie artistique d'un cinéaste mégalomane qui
n'a plus à nous proposer que des errements brouillons
dont la cruelle médiocrité ne peut plus être
masquée par son glorieux passé.
Qu'il est triste de voir un cinéaste vieillir, s'embourgeoiser,
s'épaissir (plus intellectuellement que physiquement
d'ailleurs) avec cette assurance, cette bonne conscience aveugle
de ceux qui ont connu le succès, se croient touchés
par une sorte de grâce éternelle et vivent au milieu
de courtisans obséquieux empressé d'exécuter
chaque demande du maître comme s'il s'agissait d'une nouvelle
preuve de son génie en action.
Claude Lelouch semble être devenu ce triste sire. C'est
en tout cas ce qu'il donne à voir avec ce premier volet
d'une trilogie au titre aussi prétentieux que son contenu
est pesant. Ne reculant devant aucun ridicule, il n'hésite
d'ailleurs pas à se mettre lui-même en scène
dans son propre rôle d'artiste clairvoyant mettant tout
en œuvre pour acquérir les droits de l'autobiographie
bâclée d'une petite chanteuse sans talent…
Syndrome Star Academy, microcosme médiatico-parisien,
aphorismes à deux balles sur la vie - l'amour - la mort,
exploitation éhontée de l'image d'un Ticky Holgado
visiblement mal en point (ce fut son dernier rôle), Lelouch
ne trouve plus rien à dire qui se situe en dehors de
sa bulle mondaine. Et comme il filme avec autant d'imagination
qu'un réalisateur de journal télévisé,
Les Parisiens offre toutes les caractéristiques du mauvais
film d'autant plus ridicule qu'il est boursouflé de prétention.
Finalement, le meilleur service à lui rendre (à
nous rendre) est encore de ne pas aller voir Les Parisiens,
la séance fut-elle offerte par ses soins (la vanité
peut donc aveugler à ce point ?), seule solution à
même de nous éviter les deuxième et troisième
parties d'ores et déjà annoncées à
grand fracas.