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     CiNéMa
 
PAS UN MOT
 
Un film américain de Gary Fleder
 Avec Michael Douglas
et Brittany Murphy
 
UFD - 2001 - 1h53
Le Dr. Nathan Conrad (Michael Douglas), psychiatre de renom est amené à examiner le cas désespéré d’Elisabeth Burrows (Brittany Murphy), une jeune fille qui traîne un lourd, douloureux et violent passé parsemé d'erreurs de diagnostic et de traitements inadaptés. L'attention du psychiatre est vite attirée par la première phrase d'Elisabeth : "Vous voulez ce que les autres veulent... jamais je ne le dirai... à personne".
Le lendemain, la fille du Dr. Conrad est kidnappée et il comprend le lien qui unit Elisabeth à cet enlèvement. Pour revoir son enfant vivante, le psychiatre doit débloquer un code de 6 chiffres enfoui dans les méandres de l'esprit dérangé de sa jeune patiente.
Il n'y a aucune échappatoire, aucune discussion possible. Les ravisseurs le suivent à la trace, le moindre de ses gestes est enregistré : le Dr. Conrad nage en plein cauchemar.

Le décor est planté et la machine hollywoodienne va faire le reste. À grands coups de poncifs et de clichés, Gary Fleder met en scène (brillamment : images léchées et montage original) un thriller à la fois terriblement efficace et totalement caricatural. Et c’est bien là l’ambiguïté absolue de ce film.

Pris au premier degré, on se laisse forcément emporter dans les rebondissements millimétrés du scénario. On tremble forcément pour la famille du Dr. Conrad. On s’attache forcément à la détresse de la jeune Elisabeth. On applaudit forcément au happy end obligatoire…

Et puis les lumières se rallument, on retrouve la "vraie vie" et le recul aidant, on s’aperçoit qu’on a été roulé dans la farine ! On prend conscience des grosses ficelles qui ont servi à faire tenir l’ensemble (à peu près) debout. On décrypte : l’intolérable atteinte à la cellule familiale américaine (le jour de Thanksgiving qui plus est !), la jeune fille qui avoue son secret dans la journée alors qu’elle le protège farouchement depuis l’enfance, le dispositif de surveillance abracadabrant des ravisseurs, l’intégration de la de la jeune malade mentale à la famille du Dr. Conrad dans une scène finale digne des plus grands mélos…

Dès lors, deux solutions s’offrent au spectateur potentiel : éviter scrupuleusement un thriller "dispensable" (malgré la présence d’un Michael Douglas impeccable) ou consommer pour le plaisir immédiat… et oublier aussi vite. À vous de choisir.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Décembre 2001
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