Un film français de Gabriel Aghion
Avec Michèle Laroque
Gérard Darmon
Dany Boon
et Jacques Dutronc
Pathé Distribution - 2004 - 1h30
On
ne change pas une équipe qui gagne. Pour n'avoir pas
suivi ce précepte de base, Gabriel Aghion rate son film
et nous sert une "comédie" pitoyable dont il
y a peu à sauver.
Pédale douce a 8 ans. Le même âge que le
fils de Marie (Michèle Laroque) qui interroge benoîtement
sa maman sur la manière dont il a été conçu
"puisque son papa est homosexuel". Et Marie de se
rappeler cette époque, sa grossesse et son accouchement…
Pitoyable spectacle que celui offert par Gabriel Aghion et le
casting de luxe réuni autour de lui, dont un certain
Bertrand Blier au scénario dont on se dit qu'il doit
avoir des fins de mois bien difficiles pour oser mettre son
nom au générique de ce film. Car sous prétexte
de flash-back permettant de renouer avec le succès du
film "événement" de 1996, Pédale
dure sombre dans la pochade sans avoir esquissé la moindre
velléité de combat.
On assiste donc à une sorte de Cage aux folles outrée
dont la seule ligne directrice est : pas de ligne directrice.
Les situations gratuites se succèdent, raccrochées
tant bien que mal les unes aux autres et dont le seul objectif
semble être de réussir à atteindre la durée
réglementaire de 90 minutes.
Gérard Darmon et Dany Boon cabotinent à qui mieux
mieux, mais s'en sortent plutôt bien au milieu d'un naufrage
collectif qui n'épargne pas un Jacques Dutronc rigide
et momifié, articulant avec peine le peu de texte qui
lui est confié, totalement improbable dans le rôle
du séducteur d'une Michèle Laroque comme toujours
impeccable.
On sourit rarement, on ne rit jamais et l'on se dit que faute
de pédale, Gabriel Aghion mérite que l'on ait
la dent dure contre cet attrape-gogo dont la finalité
se limitait manifestement à "refaire le coup de
96". Raté.