Un film français de Michel Boujenah
Avec Philippe Noiret
Charles Berling
pascal Elbé
et Bruno Putzulu
GBVI - 2003 - 1h37
UNE
AFFAIRE DE FAMILLE
Un premier film réussit pour Michel Boujenah qui a su filmer
avec justesse des acteurs de grand talent
Léo,
un vieux père de famille, ancien représentant de commerce,
est prêt à tout pour retrouver l'affection de ses trois
fils : David, Max et Simon. Il va même jusqu'à invoquer
une maladie et une intervention chirurgicale pour les convaincre de
l'accompagner dans un voyage au Canada où il tentera de refaire
l'unité du clan familial. Le quatuor de Français y fera
la rencontre d'une guérisseuse et de sa fille.
Toute la difficulté du thème est de pouvoir montrer
ce qu’il y a de plus dur et bouleversant, sans tomber dans le
pathétique mais de le faire au contraire avec humour.
Sous la signature de sa première réalisation, Michel
Boujenah a réussi avec brio le dur passage à la mise
en scène. Sur la base d’un road movie au Canada, le réalisateur
a manié avec justesse et précision les relations paternelles
et filiales, aidé par des comédiens dont les qualités
ne sont plus à décrire.
Le quatuor n’aurait pas pu être choisi autrement. Philippe
Noiret, dans le rôle du père, ne s’essouffle jamais,
toujours prêt aux pires des rebondissements avec le style qu’on
lui connaît. Charles Berling, dans le rôle de David, fait
ressortir avec justesse les difficultés qu’un homme peut
rencontrer quand il ne réussit que dans sa vie professionnelle,
à l’inverse de Max (Bruno Putzulu), qui vit une idylle
avec sa femme, mais qui est au chômage. Reste Simon (Pascal
Elbé) le seul fils qui n’a pas trop réussi mais
qui aime son père avant tout.
Père et fils est une véritable comédie qui nous
fait rire à gorge déployée, tant par l’humour
et par les personnages que par les textes, d’une rare qualité.
D’ailleurs, chauvinisme oblige, la langue de Molière
serait-elle la seule à détenir le pouvoir de faire rire
et pleurer dans la même phrase ?
En résumé, un film réussi, drôle avec finesse,
attendrissant sans pathétisme, qui au final nous fait plus
réfléchir sur nos petites personnes et à nos
rendez-vous manqués.