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LE PHARMACIEN DE GARDE

Un film français de Jean Veber
Avec Vincent Pérez
Guillaume Depardieu
et Pascal Légitimus

Ocean Films - 2003 - 1h30
Yan Lazarrec (Vincent Pérez), paisible pharmacien de quartier, voue une grande partie de son temps à l’écologie. Entre soigner au quotidien les malades avec ses propres potions et préparer dans son sous-sol de terribles poisons destinés aux pollueurs de la planète, Yan devient tueur en série. L’ironie du sort veut que l’enquêteur chargé de l’affaire, François Barrier (Guillaume Depardieu), soit aussi écolo. Leur rencontre intervient au cours d’une conférence et les deux hommes sympathisent immédiatement, mais ils ne savent pas qu’ils vont devenir frères ennemis.

Absolument pétrifié par l’ambiance terrifiante du film, le spectateur retient son souffle, malgré les quelques bouffées d’air apportées par la pointe d’humour que Jean Veber a inséré dans les dialogues dont il est l’auteur.

Bien que le scénario excelle dans son genre, tous les acteurs, eux, ne brillent pas de mille feux. Guillaume Depardieu, notamment, a du mal à entrer dans le personnage, et donne la terrible sensation que son jeu sonne faux, qu’il manque de conviction. Au contraire, son acolyte, Vincent Pérez, interprète à merveille son personnage, aussi complexe que névrosé, tant dans l’émotion que dans l’action. Pascal Légitimus, enfin, malgré le rôle difficile d’un indic travesti homosexuel, se sort admirablement de l’interprétation de son personnage, sans le surjouer, ni l’ironiser.

Dommage simplement que l’histoire, certes originale, laisse un sentiment de déjà vu : la relation ambiguë entre le tueur et l’enquêteur, célèbre depuis le « couple » formé par Hannibal (Anthony Hopkins) et Clarisse (Jodie Foster), est en effet le principal argument des détracteurs du film. Mais peut-on le juger, sur ce seul défaut ?

Digne héritier des plus grands thrillers, Le pharmacien de garde apporte une nouvelle pierre à l’édifice du cinéma français. Plus oppressant qu’Insomnia, plus angoissant que le Projet Blair Witch, Jean Veber a su imposer son style.


Dinesh Singh
© Jowebzine.com - Janvier 2003
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