Un film américain de Joel Schumacher
Avec Colin Farrell
Forest Whitaker
et Kiefer Sutherland
UFD - 2003 - 1h21
SIMPLE
COMME UN COUP DE FIL
Un huis-clos angoissant dans l’exiguïté d’une
cabine téléphonique new yorkaise. Un bon suspens de
Joel Schumacher, moins téléphoné que l’on
ne pouvait le craindre
Les histoires de menaces téléphoniques et de
psychopathes justiciers, le cinéma américain en regorge.
On appréciera donc « l’exploit » de Joel
Schumacher qui réussit à renouveler le genre en se débarrassant
des clichés de base de ces situations convenues : la solitude,
la nuit et l’enfermement. Il choisit même des circonstances
exactement inverses en situant sa victime dans une avenue new yorkaise,
au milieu de la foule des badauds et des policiers, en plein jour,
seulement empêché de quitter une cabine téléphonique
de laquelle il reçoit les consignes de son « bourreau
».Inutile de s’étendre sur les ressorts de l’intrigue,
les supposées fautes de la victime et les motivations du justicier.
L’intérêt de Phone game est ailleurs : dans la
manière efficace de mener un récit privé, par
avance, de toute possibilité de digression. Contrat parfaitement
remplit par le réalisateur qui garde entière l’attention
(la tension) du spectateur sans jamais trahir l’unité
de lieu, de temps et d’action de son film. Il faut dire qu ‘en
réduisant la durée de la performance à 1h20 (mais
« seulement » cinquante minutes dans le huis-clos de la
cabine téléphonique) et en choisissant Colin Farrell
(La recrue, Minority report), l’étoile montante du cinéma,
il a mis tous les atouts de son côté.Encore fallait-il
tenir les promesses d’un suspens annoncé. Et, là
encore, Joel Schumacher s’en sort avec les honneurs et un ultime
rebondissement qui donne au cinéma ce petit goût piquant
que l’on aime tant. Alors, si vous trouvez que la conversation
a été un peu courte, n’hésitez pas à
recomposer le numéro…