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LA PLANETE BLEUE

Un documentaire anglais
de Alastair Fothergill et Andy Byatt

Bac Films - 2004 - 1h32
Un documentaire aux commentaires minimalistes mais aux images étourdissantes qui nous transportent sur… notre propre planète, merveilleuse mais largement méconnue.


"L’océan est un univers primitif et sauvage ; la mort y est source de vie." Ces quelques mots issus du commentaire de La planète bleue révèlent l’ambition toute simple de ce documentaire : faire découvrir un milieu si mal connu de l’homme - et pourtant fourmillant d’une vie riche et parfois insoupçonnée - dans l’espoir d’une prise de conscience collective que la Mer, qui nous a encore si peu livré de ses secrets, doit être protégée d’urgence.

Les images sont superbes. Certes il y a du déjà vu dans cette armée de manchots empereurs se serrant les uns contre les autres par - 70°C sur la banquise. On connaît déjà aussi les danses des dauphins fendant les flots à une vitesse effarante, ou encore ces bancs de milliers de poissons argentés tourbillonnant comme un cyclone, tandis que les albatros, flairant la pêche miraculeuse, plongent comme des fous.

Mais on ne peut que saluer la prouesse technique qui a permis de réaliser ce film : les plongeurs-cameramen se sont immiscés dans la vie sous-marine, tantôt cernés par des requins-marteaux affamés, tantôt au beau milieu d’un essaim de méduses, voire dans le creux même de la vague gigantesque…Même après des années entières de dimanches après-midis passés devant les documentaires animaliers du petit écran, on ne se lasse pas de ces images, émerveillé par la puissance sereine de ces étendues bleues.

Beaucoup plus époustouflante, en revanche, est la séquence filmée par un sous-marin, envoyé pour l’occasion à des profondeurs abyssales, là où la lumière du jour ne parvient plus depuis belle lurette. On y rencontre des espèces vivantes inouïes, phosphorescentes ou clignotantes comme des néons, bien obligées qu’elles sont, les pauvres, de produire elles-mêmes de la lumière, mais fort bien dotées, cela dit, par l’inventive nature (limite extravagante, la Mère Nature, sur certains de ses cobayes !). On atteint alors avec effroi (ah si si, à cette profondeur-là il n’y a plus personne qui fait le malin, je vous assure) les abords de la fosse de Marion, celle-là même qui s’enfonce à plus de 11 000 mètres vers les entrailles de la Terre, et d’où s’échappent, dans l’obscurité glaciale, des fumerolles de sulfure d’hydrogène noirâtres…Là, les amis, il est temps de remonter à la surface, on commence à avoir sérieusement besoin de photons solaires. Ouf ! Voilà, on revient dans le monde plus rassurant des baleines.

Les commentaires sont parfois minimalistes, ou carrément absents, nous laissant dans la frustration de ne pas connaître le nom de telle ou telle chose translucide ou difforme qui se meut incognito sous nos yeux. Mais on l’a compris, ce n’est pas le but du film, qui a choisi de laisser sa part de mystère à un monde encore magique. Et puis finalement, comme c’est le Philharmonique de Berlin qui s’est brillamment chargé de combler les silences, on ne va quand même pas se plaindre !


Fabienne Simon-Jean
© Jowebzine.com - Février 2004
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