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LA PLANETE DES SINGES
 
Un film américain de Tim Burton
 Avec Mark Wahlberg
Tim Roth
Helena Bonham Carter
et Estella Warren
 
Zanuck Company - 2001 - Durée 2h00
POUR

"Je n’admettrai jamais que l’homme, sous prétexte qu’il y a un abîme entre lui et les animaux, ait une origine différente." Charles Darwin, 1838.

L’iconoclaste Tim Burton (Batman, Beetlejuice, Mars Attack, Sleepy Hollow...) s’attaquant à nouveau à l’adaptation du roman de Pierre Boulle, porté une première fois à l’écran en 1968, il y avait de quoi inquiéter Charlton Heston, héros de ce premier volet, et l’inciter à vouloir troquer sa casquette de président de la très conversée et médiatique National Riffle Association pour celle d’un Rambo vengeur et rancunier.

Que Charly rengaine son colt (pour l’anecdote celui-ci fait une apparition dans le film sous les traits d’un primate), Burton a réussi à éviter les écueils de la simple redite, du pastiche facile, trop souvent prétexte à pléthore d’effet spéciaux, et à réaliser une oeuvre "intelligente" et "intemporelle", certes actualisée mais restant néanmoins très fidèle à la version originale.

Servi notamment par Mark Wahlberg, récemment croisé dans En Pleine Tempête et dans Les Rois du Désert, et par un aussi époustouflant que méconnaissable Tim Roth (le Général Thade) plus simiesque que nature, le film amène inéluctablement à s'interroger sur ce qui différencie fondamentalement l’humain de son ancêtre favori. En effet, confronté à des singes plus humains que Demis Roussos (aucun d’entre eux ne ressemble à un autre) se montrant tour à tour, attachants, belliqueux, machiavéliques, amoureux (mention spéciale à la très craquante Princesse Ari aux traits très "Michaeljacksoniens"), et des humains au langage atrophié réduits à la soumission, le spectateur perdra très rapidement ses repères lui laissant ainsi toute liberté pour savourer pleinement les subtilités philosophiques du scénario (d’où viens-je ?, qui suis-je ?, où vais-je ?, qui du singe ou de l’oeuf....).

Jusqu’à son épilogue très Burtonien nous remémorant les heures les plus "cérébrales des épisodes 1, 2 et 3 de Retour Vers le Futur, ce film ravira aussi bien les amateurs de grand spectacle, d‘épopée et saga oniriques que les apprentis anthropologues.

Toutefois espérons, malgré certains signes avant coureur (l’atterrissage mouvementé à Washington), que Tim Burton ne succombera pas trop facilement aux sirènes d’un Planète des Singes 2 comme le firent autrefois abusivement les successeurs de F.J. Schaffner, réalisateur de la première adaptation à l’écran.


Stéphane Muller
© Jowebzine.com - Septembre 2001






CONTRE

La planète des singeries.

Il n'est jamais agréable d'être déçu par ceux qu'on aime.
Or, si le roman de Pierre Boulle est un petit chef d'œuvre, l'adaptation que nous propose ici Tim Burton n'a pas grand intérêt.

Le scénario revisité ne tient pas la route et les retournements de situations sensés être les moments forts du film manquent cruellement de crédibilité. Le réalisateur de Batman (I et II) et de Mars Attacks qui est aussi poète (lire absolument La triste fin du petit enfant huître et autres histoires) nous avait habitué à mieux. Ceci dit tout le monde peut avoir besoin d'argent...

On retrouvera tout de même la capacité qu'a Tim Burton à imaginer des mondes étranges : l'esthétisme de ce remake est très soignée et l'approche des comportements sociaux des singes plutôt intéressante. Dommage qu'un bon décor ne suffise pas à faire un bon film.

On notera, enfin, la présence d'Estella Warren, ancienne championne de danse synchronisée et Petit Chaperon Rouge pour Chanel n° 5. Son personnage, quasiment muet, porte une petite tunique en peau de bête plutôt sexy... mais n'apporte aucune réelle contribution au déroulement de l'histoire !


Arthur Marconnier
© Jowebzine.com - Septembre 2001
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