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POUR
"Je nadmettrai jamais que lhomme, sous prétexte
quil y a un abîme entre lui et les animaux, ait une
origine différente." Charles Darwin, 1838.
Liconoclaste Tim Burton (Batman, Beetlejuice, Mars Attack,
Sleepy Hollow...) sattaquant à nouveau à ladaptation
du roman de Pierre Boulle, porté une première fois
à lécran en 1968, il y avait de quoi inquiéter
Charlton Heston, héros de ce premier volet, et linciter
à vouloir troquer sa casquette de président de la
très conversée et médiatique National Riffle
Association pour celle dun Rambo vengeur et rancunier.
Que Charly rengaine son colt (pour lanecdote celui-ci fait
une apparition dans le film sous les traits dun primate),
Burton a réussi à éviter les écueils
de la simple redite, du pastiche facile, trop souvent prétexte
à pléthore deffet spéciaux, et à
réaliser une oeuvre "intelligente" et "intemporelle",
certes actualisée mais restant néanmoins très
fidèle à la version originale.
Servi notamment par Mark Wahlberg, récemment croisé
dans En Pleine Tempête et dans Les Rois du Désert,
et par un aussi époustouflant que méconnaissable Tim
Roth (le Général Thade) plus simiesque que nature,
le film amène inéluctablement à s'interroger
sur ce qui différencie fondamentalement lhumain de
son ancêtre favori. En effet, confronté à des
singes plus humains que Demis Roussos (aucun dentre eux ne
ressemble à un autre) se montrant tour à tour, attachants,
belliqueux, machiavéliques, amoureux (mention spéciale
à la très craquante Princesse Ari aux traits très
"Michaeljacksoniens"), et des humains au langage atrophié
réduits à la soumission, le spectateur perdra très
rapidement ses repères lui laissant ainsi toute liberté
pour savourer pleinement les subtilités philosophiques du
scénario (doù viens-je ?, qui suis-je ?, où
vais-je ?, qui du singe ou de loeuf....).
Jusquà son épilogue très Burtonien nous
remémorant les heures les plus "cérébrales
des épisodes 1, 2 et 3 de Retour Vers le Futur, ce film ravira
aussi bien les amateurs de grand spectacle, dépopée
et saga oniriques que les apprentis anthropologues.
Toutefois espérons, malgré certains signes avant coureur
(latterrissage mouvementé à Washington), que
Tim Burton ne succombera pas trop facilement aux sirènes
dun Planète des Singes 2 comme le firent autrefois
abusivement les successeurs de F.J. Schaffner, réalisateur
de la première adaptation à lécran.
Stéphane Muller
© Jowebzine.com - Septembre 2001
CONTRE
La planète des singeries.
Il n'est jamais agréable d'être déçu
par ceux qu'on aime.
Or, si le roman de Pierre
Boulle est un petit chef d'uvre, l'adaptation que
nous propose ici Tim Burton n'a pas grand intérêt.
Le scénario revisité ne tient pas la route et les
retournements de situations sensés être les moments
forts du film manquent cruellement de crédibilité.
Le réalisateur de Batman (I et II) et de Mars Attacks qui
est aussi poète (lire absolument La triste fin du petit enfant
huître et autres histoires) nous avait habitué à
mieux. Ceci dit tout le monde peut avoir besoin d'argent...
On retrouvera tout de même la capacité qu'a Tim Burton
à imaginer des mondes étranges : l'esthétisme
de ce remake est très soignée et l'approche des comportements
sociaux des singes plutôt intéressante. Dommage qu'un
bon décor ne suffise pas à faire un bon film.
On notera, enfin, la présence d'Estella Warren, ancienne
championne de danse synchronisée et Petit Chaperon Rouge
pour Chanel n° 5. Son personnage, quasiment muet, porte une
petite tunique en peau de bête plutôt sexy... mais n'apporte
aucune réelle contribution au déroulement de l'histoire
!
Arthur Marconnier
© Jowebzine.com - Septembre 2001
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