Un film français de Jean-Pierre Améris
Avec Nicolas Duvauchelle
Bernard Campan
Maï Anh Lê
et Sophie Quinton
Pan-Européenne - 2004 - 1h30
Pour
son troisième film, Jean-Pierre Améris choisit
la simplicité et touche au cœur ses spectateurs
avec une histoire simple et bien ancrée dans la réalité.
Antoine (Nicolas Duvauchelle) est un jeune homme un peu perdu
dans une vie qui ne l'a pas épargné. Employé
des pompes funèbres, il n'a plus que sa sœur Claire
et Chef (Bernard Campan), son entraîneur de boxe. Parce
qu'Antoine boxe. Plutôt pas mal d'ailleurs, et cette passion,
mais surtout le soutien constant de Chef, lui permettent de
ne pas déraper. Et puis sa rencontre avec Su va accélérer
les choses…
On avait la télé-réalité (de triste
réputation), Jean-Pierre Améris nous propose le
cinéma-réalité. Caméra à
l'épaule, image "brute", dialogues naturalistes
(voir improvisés) : le pari est osé à une
époque où la surenchère technique fait
souvent office de gage de qualité. Mais le pari est gagné
avec un film qui prend le risque de déplaire, mais réussi
finalement à séduire.
C'est même cette nudité qui nous met en sympathie
avec les personnages attachants de ce film. Qui nous place à
bonne distance de leurs problèmes et nous touche au cœur.
En quelques scènes-clé (la rencontre avec Su,
la visite à ses parents, la séquence d'anniversaire
finale), Jean-Pierre Améris fait la preuve qu'en choisissant
les bons acteurs on peut mener à bien un projet "modestement"
ambitieux et donner de l'émotion au spectateur. On le
remercie comme on remercie un Nicolas Duvauchelle qui tient
là un rôle à sa mesure et Bernard Campan
qui n'en finit pas de nous surprendre dans ses habits de Français
moyen plus vrai (et plus talentueux) que nature.
La bonne surprise de la semaine.