Un film américain de Mary McGuckian
Avec Robert de Niro
Gabriel Byrne
Harvey Keitel
Samuel Le Bihan
Kathy Bates
Metropolitan Filmexport - 2005 - 2h00
L’adaptation
cinématographique d’un classique de la littérature
anglo-saxonne, une distribution luxueuse… mais deux heures
d’ennui profond.
Pérou 1714. Un effroyable accident marque les esprits.
Non loin de Lima, la rupture d’un pont de corde très
fréquenté a entraîné cinq voyageurs
dans sa chute. Qui étaient-ils ? Quels points communs
existent entre ces cinq vies ? Hasard ou volonté de Dieu
? Témoin du drame, le frère Juniper (Gabriel Byrne)
entreprend, pour tenter de répondre à cette question
fondamentale, de reconstituer la vie des victimes. "Hérésie
!" hurle l’évêque de Lima (Robert de
Niro), instruisant le procès du frère présomptueux
qui a osé prétendre percer les voies du Seigneur.
Beau sujet, mais piètre film que celui de Mary McGuckian.
Adapté du roman de Thornton Wilder (prix Pulitzer 1927
et monument de la littérature anglo-saxonne), Le pont
du roi Saint-Louis est victime d’un déroulement
des plus confus. En ne prenant pas la peine d’exposer
d’entrée la controverse centrale du procès
du frère "biographe" (est-il ou non hérétique
d’essayer de comprendre le dessein de Dieu), Mary McGuckian
se coupe du spectateur qui, dès lors, peine à
percevoir la raison des continuels allers-retours narratifs
qui lui sont imposés.
Qui sont les personnages dont on l’entretient ? Qui est
ce frère ? Que veut cet évêque ? Quel est
le sens de ce procès ? Il faut attendre les dernières
scènes d’un film interminable pour que les pièces
du puzzle se mettent enfin en place et fassent sens. Il est
malheureusement trop tard. L’ennui a fait son œuvre
et ni la distribution fastueuse, ni les reconstitutions soignées
n’y peuvent rien.