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LE TEMPS DES PORTE-PLUMES

Un film français de Daniel Duval
Avec Raphaël Katz
Jean-Paul Rouve
Anne Brochet
Annie Girardot
Lorant Deutsch
et Denis Podalydès

TFM - 2006 - 1h34
Daniel Duval réalisateur, c’est suffisamment rare pour que l’on s’intéresse à ce Temps des porte-plumes : un joli film moins convenu que l’on pouvait le craindre.


Daniel Duval est un homme rare dans le cinéma français. Une vraie gueule, une vraie personnalité, mais une discrétion à toute épreuve, une sorte de silence méfiant et mystérieux. Impression troublante encore accrue par son choix toujours exigeant des films auxquels il collabore et des rôles qu’il interprète.

Cette fois, c’est pourtant derrière la caméra qu’on le retrouve pour la mise en scène d’une histoire qui lui tient à cœur depuis longtemps : la sienne. Celle de son enfance brisée entre un père alcoolique et une mère volage, celle de son placement dans une famille d’accueil à la campagne, de cette nouvelle vie, de sa difficile adaptation.

C’est donc dans les années 50 qu’il nous replonge pour nous faire suivre les tribulations du petit Pippo (Raphaël Katz, très convaincant) adopté par un couple de paysans (Anne Brochet et Jean-Paul Rouve) en mal d’enfants.

En s’attachant aux états d’âme et aux difficultés du petit Pippo qu’il fut lui-même il y a un demi-siècle, Daniel Duval évite l’écueil de la reconstitution figée d’une époque idéalisée (ou honnie, selon le point de vue duquel on se place). Il nous dessine en revanche quelques beaux portraits (à commencer par celui de la "sorcière" incarnée par Annie Girardot) et se montre souvent assez convaincant. Il réussit même un très beau final plein d’une belle émotion mêlant bonheur et tristesse.

On lui pardonnera donc les quelques maladresses inhérentes au genre (les souvenirs d’enfance), à commencer par sa manière d’opposer sans trop de nuance les gentils aux méchants, ou une certaine lenteur dans la narration… et l’on retiendra l’intention d’exorciser ce passé et le soin minutieux qu’il y a porté, pour un film dont l’honnêteté n’est pas la moindre des qualités.


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Mars 2006
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