Un film coréen de Kim Ki-Duk
Avec Oh Young-Su
Kim Ki-Duk
Kim Young-Min
Et Seo Jae-Kyung
Pretty Pictures - 2004 - 1h43
Cinq
saisons pour une fable bouddhiste intemporelle, à des
années-lumière de notre monde moderne. C'est très
beau, très édifiant… pourtant on peine à
retenir ses bâillements.
Printemps, été, automne, hiver… et printemps
est une fable intemporelle qui narre les relations entre un
moine bouddhiste et son jeune élève, isolés
loin du monde, au fil de quatre saisons plus une… qui
ne font pas une année, mais une vie. Kim Ki-Duk fait
donc défiler le temps et passer son héros de l'enfance
(printemps), à la condition de jeune adulte (été),
puis à celle d'homme (automne), pour enfin atteindre
la vieillesse (hiver) et la sagesse qui lui permettront à
son tour de transmettre son savoir à un jeune disciple
qui suivra, dans un cycle immuable, le même cheminement.
Très beau dans la forme, édifiant sur le fond,
Printemps, etc. est ce genre de film où l'on s'ennuie
un peu, où l'on bâille souvent (en se cachant),
mais dont on a mauvaise conscience à avouer qu'il n'a
pas éveillé en nous l'émotion béate
qui semble avoir submergé nos voisins de fauteuil.
Bien sûr, Kim Ki-Duk a pris un soin délicat de
ses prises de vues. Il a toujours recherché minutieusement
le bon angle, la bonne lumière. On comprend également
que son film a un message à délivrer : celui de
l'apprentissage, du passage de témoin dans le respect
de la tradition… Et pourtant cet univers formel, basé
sur le silence, l'ascétisme, la souffrance et l'expiation,
est à des années-lumière de nos repères
culturels contemporains.
Alors on regarde Printemps, etc. comme un objet d'art un peu
lent, un peu froid, sorte de documentaire nostalgique sur une
époque et un lieu très éloignés,
un peu oubliés… et que l'on ne regrette pas vraiment.