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PUNCH-DRUNK LOVE

Un film américain
de Paul Thomas Anderson
Avec Adam Sandler
et Emily Watson

Columbia Pictures - 2003 - 1h31
Paul Thomas Anderson est un des rares cinéastes intrigants et talentueux que nous aient donnés les Etats-Unis ces dernières années. Son dernier film Magnolia datant de 1999 on attendait Punch-drunk love avec impatience. En effet, Hard-eight (1997) Boogie nights (1997) ou Magnolia nous avaient surpris par le talent et l’ambition qui les portait. On pouvait par exemple trouver que Boogie nights était le film d’un fils caché de Martin Scorsese jusque dans ses mouvements de caméra. Voilà donc un réalisateur né en 1970 qui méritait bien son qualificatif de surdoué.

Et puis la jeunesse étant imprévisible, P.T. Anderson a voulu réaliser un film comique. Pour cela, il a participé pendant plusieurs mois à l’écriture et à la réalisation de sketches du Saturday night live, émission-culte de la télé US où se sont jadis illustrés John Belushi, Bill Murray, Billy Crystal... ou Adam Sandler.

Punch-drunk love est donc le fruit de cet apprentissage. Cela dit, si vous avez aimé ses films précédents (surtout Magnolia) rassurez-vous, le réalisateur n’a rien perdu de son originalité. On peut même dire que l’ange du bizarre s’est définitivement perché sur son épaule.

Adam Sandler est Barry Egan, un type aux cheveux courts, vêtu d’un costume bleu électrique, qui travaille dans un entrepôt au cœur d’une banlieue californienne déserte. Barry est solitaire et pointilleux, violent et dépressif. Il a sept sœurs qui s’avèrent encombrantes et autant de beaux-frères. Par désœuvrement, il contacte une ligne de téléphone rose (dirigée en sous-main par une matelasserie de l’Utah) et cela va l’entraîner dans une aventure infernale. Par le biais d’une de ses sœurs, il rencontre Léna, dont il va tomber amoureux. L’état amoureux comme le titre du film l’indique, s’apparente à une ingestion massive d’alcool qui enivre et donne des ailes.

Voilà quels sont les thèmes de cette drôle d’histoire filmée à bras le corps par Anderson, qui métamorphose pour l’occasion son acteur principal en émule de Tati ou de Buster Keaton. Adam Sandler est constamment surprenant dans ce film. Il est un permanent mélange de pèche (de punch) et de désarroi. Quant à Emily Watson, elle se rattrape d’avoir loupé le rôle d’Amélie Poulain. Elle est féminine et tendre et la manière dont elle remet ses mèches de cheveux derrière l’oreille amène de la poésie dans le cœur du spectateur.

Punch-drunk love surprend sans cesse par les situations qu’il met en scène et par un sens des couleurs digne des comédies musicales. Il permet de constater qu’Adam Sandler n’est pas le naïf limite bêta qu’on voudrait nous faire croire. Il surprend surtout parce qu’au cinéma, nous avons tous vu des dizaines de comédies romantiques. Il n’y a rien de plus rabâché qu’un garçon rencontrant une fille. Et pourtant, ce film nous fait voir les choses différemment.

Détail important : on en sort heureux.


Philippe Sendek
© Jowebzine.com - Janvier 2003
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