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     CiNéMa
 
RADIO

Un film américain de Michael Tollin
Avec Cuba Gooding Jr.
Ed Harris
Alfre Woodard
et Debra Winger

Columbia TriStar Films - 2004 - 1h49
Sous ses dehors humanistes, Radio, nouvel avatar du "film d'autiste", fait preuve d'un pesant classissisme et sent bon son apologie du bon vieux temps de l'american way of life.


Dans l'Amérique profonde des années 70, Anderson (Caroline du Sud) est une petite ville comme tant d'autres, qui vibre au rythme des exploits de ses équipes de basket et de football. Pourtant, à Anderson, le spectacle n'est pas seulement sur le terrain, il est aussi sur le banc de touche depuis que le coach s'est pris d'affection pour James Kennedy, dit Radio, un jeune attardé mental (noir) qui saura vite susciter l'amitié de tous.

On le soupçonnait depuis longtemps, mais avec la sortie de Radio, le doute n'est plus permis : le film d'autiste (comme on dirait film de guerre ou d'espionnage) est devenu un genre à part entière et les Américains en sont les dépositaires. Rain man, Forrest Gump, I am Sam… les exemples abondent et les acteurs qui s'y prêtent redoublent de prouesses pour rendre crédible leur personnage et lorgner du côté des Oscars ! A ce petit jeu, Cuba Gooding Jr. est tout à fait crédible dans le rôle titre, et Ed Harris (le coach Jones) impeccable en mentor viril et bienveillant. D'autant que l'absolu classicisme de la mise en scène de Michael Tollin s'attache à leur faire la part belle.

Il se dégage pourtant de Radio (le film) un entêtant parfum d'hommage béat à l'Amérique éternelle et à ses valeurs humanistes supposées : le sport, la communauté rurale, le bon vieux temps des 70's et l'amour de son prochain. Idéal largement fantasmé, livré en pâture à un public en quête de réconfort moral, mais qui ne passe pas l'épreuve de la traversée de l'Atlantique. L'absence totale de remise en question de l'american way of life et la bonne conscience bornée, unanimement partagée par l'ensemble des protagonistes de cette fable moderne, finiraient par soulever cœur si l'on ne gardait pas en tête la proclamation de l'affiche du film : "Inspiré d'une histoire vraie". Admettons…


Joël Fompérie
© Jowebzine.com - Juillet 2004
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