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     CiNéMa
 
REEKER

Un film américain de David Payne
Avec Tina Illman
Devon Gummersall
Scott White
Michael Ironside
et Eric Mabius

Bac Films - 2006 - 1h30
Série B d’horreur, Reeker est un petit objet filmique hybride aussi maladroit qu’il semble sincère. Il montre cependant que l’école Roger Corman est encore valable.


Pape de la série Z, du petit budget racoleur et de la série B plagiaire, Roger Corman a tout de même formé des grands comme Francis Ford Coppola, Jonathan Demme, James Cameron ou encore Joe Dante. Leurs premières œuvres ne sont pas des chefs d’œuvre, mais elles sont, selon eux, des expériences inoubliables parce que difficiles.

David Payne sort de cette école de la débrouille et du cache-misère. Avant Reeker, il fut le responsable de magnifiques nanars comme Alien terminator ou Alien avengers 2. Avec Reeker, il tente d’échapper à cette tradition du navet opportuniste si cher à Corman.

Et il y arrive avec un certain talent. Son film se sert habilement des limites budgétaires et d’un décor unique. Celui d’un hôtel miteux perdu en plein milieu du désert. C’est là que vont rester coincés cinq étudiants, partis pour la rave de l’année.

Bloqué dans un endroit glauque, ça n’annonce jamais rien de bon ; lorsque des étudiants américains libidineux s’y trouvent, leurs chances de survie sont presque nulles ! Et notre quintet va devoir affronter un serial killer plus qu’étrange…

Ça commence comme un survival, genre très à la mode en ce moment (Détour mortel, Calvaire, le remake de La Colline a des yeux). Perdu dans la nature hostile, le serial killer aurait pu être un dégénéré congénital. C’est justement l’origine de l’assassin qui fait basculer le film vers le fantastique. Le film pique des idées à Identity et Destination finale : hélas, le twist ultime est complètement tiré par les cheveux.

Il justifie mal les meurtres assez gore de l’œuvre. David Payne a voulu faire de Reeker, une carte de visite plus crédible que ses œuvres pour Corman. Il y a un certain savoir-faire et une vraie passion. À être trop généreux, il ne supporte pas les nombreuses références et surtout s’emmêle dans une intrigue tordue et finalement idiote. Mais après tout, il ne faut pas trop demander à ce genre de film : les amateurs de série B débrouillarde sauront l’apprécier à sa juste valeur. Les autres auront tout à fait le droit de regretter leurs 9 euros !


Pierre Loosdregt
© Jowebzine.com - Juin 2006
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