Un film anglais de Neil Jordan
Avec Nick Nolte
Tcheky Karyo
Saïd Taghmaoui
Gérard Darmon
et Marc Lavoine
TFM Distribution - 2003 - 1h44
FAITES
VOS JEUX
Un film hommage à Jean-Pierre Melville qui, malgré ses
anachronismes, emporte l’adhésion grâce à
un Nick Nolte plus vrai que nature
Mieux vaut le dire tout de suite, L’homme de la Riviera présente
deux défauts majeurs qui peuvent facilement exaspérer
: son maniérisme et sa singularité linguistique.
Maniérisme parce qu’en voulant rendre hommage à
Jean-Pierre Melville et à son Bob le flambeur de 1955, Neil
Jordan se croit obligé de filmer dans un style "nouvelle
vague" passé de mode. Et singularité linguistique
parce qu’il est troublant, pour un spectateur français,
de regarder et surtout d’entendre en anglais un film dont le
casting est essentiellement français.
Et pourtant, si l’on réussit à digérer
ces deux anachronismes, on passe un vrai bon moment avec ce polar
à l’ancienne. Côte d’Azur, petits malfrats,
Casino et coffre-forts, rien ne manque au décor. Pas même
un Nick Nolte fracassé par la vie, plus vrai que nature en
Bob Montagnet, vieux gangster sur le retour qui décide de décrocher
de la drogue et de l’alcool pour monter son dernier coup. Il
a la dégaine (entre Eddie Constantine et Robert Mitchum) et
la voix rauque qui collent au personnage. De Tcheky Karyo à
Gérard Darmon, en passant par Marc Lavoine et Saïd Taghmaoui,
tous les acteurs français qui l’entourent sont également
parfaits. Et l’on jubile carrément en découvrant
Emir Kusturica dans un second rôle formidable, accroché
à sa guitare électrique.
A ces atouts, Neil Jordan a su ajouter une très belle photo,
une BO élégante et terminer par un retournement final
inattendu qui transforment L’homme de la Riviera en bonne surprise
après être passé tout près de la faute
de goût.