Un film anglais de Laurence Dunmore
Avec Johnny Depp
John Malkovich
Samantha Morton
Kelly Reilly
et Rosamund Pike
Metropolitan Filmexport - 2006 - 1h55
Biopic
historique aux acteurs prestigieux pour un résultat honorable
même si l’ensemble aurait gagné à un peu
plus de concision.
Si Laurence Dunmore signe avec Rochester son premier long-métrage
(tout comme Joe Wright dont a pu apprécier récemment
l’adaptation du roman de Jane Austen, Orgueil
et préjugés), ce n’est pas sans certaines
garanties qu’il s’est lancé dans l’aventure.
A commencer par le fait d’adapter une pièce de théâtre
à succès signée Stephen Jeffreys… et engagé
comme scénariste sur le projet. Mais c’est aussi du côté
du choix des acteurs que se situe la performance de cette production
britannique. Outre la fine fleur des artistes d’outre-manche
(Samantha Morton, Kelly Reilly ou Rosamund Pike), ce sont deux stars
américaines qui sont venues apporter leur soutien de poids
à cette reconstitution historique : Johnny Depp et John Malkovich.
Rochester, le dernier des libertins, retrace les dernières
années de la vie débauchée, libre et insolente
du deuxième comte de Rochester (Johnny Depp), figure originale
du XVIIe siècle anglais, ami du roi Charles II (John Malkovich),
qui mourut, à 33 ans, d’une vie consumée (consommée)
sans retenue. Même sa rencontre avec Elizabeth Barry (Samantha
Morton), jeune actrice dont il s’était épris,
mais qui devait lui tenir tête, n’avait pu le sauver d’une
fin misérable…
Peinture réaliste d’une époque sombre, Rochester
est surtout remarquable par sa photographie et le talent particulier
de Johnny Depp pour nourrir son personnage de cette ambiguïté
malsaine qui captive tant. En ne renonçant jamais à
la crudité des propos, en n’édulcorant à
aucun moment un scénario aussi bavard (et brillant) que cru,
Laurence Dunmore a fait le pari de l’exigence artistique. Pari
gagné du point de vue formel, même si l’intensité
dramatique de son film aurait mérité une plus grande
concision dans certaines parties moins cruciales.