Un film italien de Michele Placido
Avec Kim Rossi Stuart
Anna Mouglalis
Pierfrancesco Favino
Claudio Santamaria
et Stefano Accorsi
Warner Bros - 2006 - 2h28
Quatre
gamins volent une voiture un soir de pluie, dans l’Italie des
années 60. Ils forcent un barrage et n’hésitent
pas à renverser un policier pour éviter l’arrestation.
On sent déjà leur détermination, leur soif de
liberté. Quelques années plus tard, on les retrouve
décidés à conquérir Rome.
Rien de bien neuf sur la forme : pour nous présenter les personnages
devenus grands (auquel s’ajoute désormais une vraie bande),
le réalisateur fait un arrêt sur image sur chaque visage,
avec mention du sobriquet correspondant : Le Froid, Le Libanais, Œil
de fer, Dandy… On n’avait pas vu ça depuis Trainspotting
!
Pour le reste, cela va du sempiternel ralenti (avec les violons lorsqu’il
faut être ému) aux scènes rituelles de franche
camaraderie autour de la drogue, des filles ou du jeu, lesdites scènes
étant muettes (l’ambiance dépasse les mots) mais
agrémentées d’une bande son rock’n’roll
(même procédé que les violons, mais cette fois-ci
pour suggérer la fureur de vivre).
On pense au Casino de Scorsese et à sa bande son hallucinante,
mais bon, comme on dit : "ça le fait moins".
Sur le fond, c’est une histoire de malfrats comme on en a déjà
vu tant d’autres et l’on s’ennuie rapidement à
les voir tuer tout le monde pour s’emparer du marché
de la drogue avant de s’entretuer pour le pouvoir.
Faut-il préciser que les personnages sont stéréotypés
? Le bandit au grand cœur qui tombe amoureux de la belle et innocente
intellectuelle, la pute indépendante malgré tout, le
chef de bande déterminé et prêt à tout,
le petit pépé apparemment tranquille chef de la mafia,
etc, etc…
Il y a bien une évocation du terrorisme des Brigades Rouges
(des images d’archive télé sont insérées
pour faire plus authentique) et du rôle trouble de l’Etat
italien (ah, la raison d’Etat mon cher ami).
Malheureusement, tout cela n’est qu’une évocation
peu convaincante, alors qu’on nous avait promis au générique
une histoire romancée, certes, mais inspirée de faits
réels.
On pense aussi à la Cité de Dieu, mais là encore,
en moins bien…